DESTINÉE 38 par Juliette

Mauvaises habitudes

   

Résumé : Valérie à retrouvé l'usage de ses jambes, tout le monde est surpris et heureux, Spike y compris.

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Dernièrement dans Buffy contre les vampires…

Valery : William…(soupire) Non, c’est fini.

Olmak : Nourrissez-vous, maintenant!

Logan : Maintenant que cette histoire est terminée…Il est temps d’attaquer.

 

Chez Valery.

Elle s’agite, dans sa chambre, elle tourne tout à l’envers, jette tous ses vêtements, ses draps, ses couvertures dans de grands paniers, frotte énergiquement les meubles et les planchers, désinfecte, récure, nettoie tout ce qui se trouve sur son passage. Chris arrive, en mangeant une pomme et s’appuie sur le cadre de la porte.

Chris : Tu veux m’expliquer pourquoi tu t’agites ainsi? (croque)

Valery : J’ai décidé de tout nettoyer. Je suis restée inactive trop longtemps et la maison est toute en désordre.

Chris : Le seul désordre que je vois ici, c’est celui que tu es en train de faire.

Valery : Écoute, j’ai beaucoup de lessive à faire, alors ou tu m’aides, ou tu t’en va.

Chris sourit, hausse les sourcils et s’en va. N’entendant aucune réponse, Valery se retourne et constate que son ami l’a laissé tombé. Furieuse, elle tape du pied.

Valery : Chris!

Chris : (sa tête apparaît dans l’embrasure) Quoi? Tu veux que je sorte la pancarte « zone sinistrée »?

Agacée d’être l’objet de moqueries, Valery empoigne une bouteille de shampoing, que Chris évite facilement avant d’exploser de rire. La tueuse soupire, avant de reprendre son travail.

 

Le générique défile…

 

Plus tard, même endroit.

La pièce est luisante de propreté. Une boîte, dans un coin, contient un paquet de trucs qu’elle y entasse destinés à être donnés. Elle vide son armoire, y envoie des tas de vêtements, puis tombe sur la chemise de Spike. La tueuse fait un geste pour la mettre dans la boîte, mais hésite, tout à coup. Puis, de rage, elle la rejette dans le fond de la penderie et la recouvre de couvertures. Puis, elle prend la boîte et se retourne vers le grand miroir. Elle se regarde un instant. Les autres ont raison, elle est trop pâle, et puis, un peu trop maigre. Mais ce qui l’énerve le plus, c’est ce qu’elle porte au cou. Le bague en forme de rose. Spike est partout, dans cette pièce. D’ailleurs, c’est pour ça qu’elle a tout nettoyé. Son odeur était partout, dans les draps, dans ses vêtements. Partout. Elle enlève la chaîne et la jette dans un tiroir.

Elle se dirige vers son atelier, où elle s’est remise à travailler dernièrement, la boîte sous le bras. En entrant, la première chose qu’elle voit, c’est le portrait qu’elle a fait de Spike, celui qu’il avait vu quand il avait fouillé. Il est là, bien en évidence, la fixant de son air moqueur.

Valery : (parle au tableau en ramassant des choses) Oh, je te déteste. (après un pause) Tu sais quoi? Ce n’est pas vrai. Tu me manques, vraiment, mais…(lui jette un regard) Oh, arrête de me regarder comme ça. (soupire) Ça n’aurait pas marché, de toute façon…

Angel : Qu’est-ce qui n’aurait pas marché?

Valery : (sursaute, crie, laisse tomber la boîte) Angel! Qu’est-ce que tu fais là?

Angel : (sourit) Ce serait plutôt à moi de te demander cela.

Valery : (redresse une de ses mèches de cheveux) Et bien, aux dernières nouvelles, j’habite ici…

Angel : Ce n’est pas ce que je voulais savoir. Tu avais…une conversation avec quelqu’un?

Valery : Heu, oui, je veux dire : non! (Angel hausse un sourcil) Je veux dire, je me parlais à moi-même, ça m’arrive, parfois.

Angel : Oui…naturellement. Qu’est-ce que tu fais, le ménage de printemps?

Valery : Disons plutôt le ménage d’automne…La maison est sans dessus-dessous, depuis quelques temps, alors…

 

Angel : (s’approche d’elle, doucement) Qu’est-ce qui s’est encore passé?

Valery : (soupire, se penche et ramasse sa boîte, qui ne s’est pas renversée) Il ne s’est rien passé.

Angel : Tu l’as encore laissé tomber. Qu’est-ce qu’il avait fait, cette fois? Ne me dit pas qu’il y a un nouveau couple de jumelles en ville?

Valery : (sourit) Non. Et puis, il n’a rien fait de vraiment important. Et puis, en ce qui concerne ce qui a déclenché notre…rupture, il te l’expliquera lui-même, s’il le veut. De toute façon, j’ai décidé de ne plus m’en mêler. Je l’oublie, et, lui aussi, il m’oubliera.

Angel : Alors là, on voit que tu connais très mal Spike. Il n’oublie jamais une de ses conquêtes et il ne supporte pas qu’on le largue. Il va utiliser tous ses stratagèmes, du bouquet de fleur à la confrontation publique, pour te récupérer. Peut-être même qu’il se tournera vers la magie.

Valery : Il fait vraiment tout pour parvenir à ses fins.

Angel : Seulement quand il aime vraiment.

Valery : (soupire, contourne Angel) Tu ne me rends vraiment pas la tâche facile.

Angel : Et toi, tu te comportes comme une gamine.

Valery : Tu ne comprends pas.

Angel : Alors expliques-moi.

Valery soupire. Angel la fixe en haussant les sourcils, attendant une réponse. La tueuse pose la boîte au sol et va s’asseoir sur un canapé posé dans un coin, invitant son père à en faire autant. Il s’installe à côté d’elle, appuie ses coudes sur ses genoux et croise ses doigts.

Angel : Qu’est-ce qui s’est passé? Tu as eut peur?

Valery : Non, j’ai…(soupire) J’ai beaucoup pensé. Quand on travaillais sur mon handicap, je me suis rattaché à lui, croyant que, bien, que je n’avais que lui. Et puis, j’ai pensé. Spike n’est pas…et bien, il ne s’établira jamais nulle part, il passera sa vie, façon de parler, à droite et à gauche. Il ne se passera jamais la corde au cou, il n’est sera pas du genre à rester ici, à s’occuper d’Isabelle, à tondre le gazon…En tout cas, tu vois l’image. J’essaie de penser un peu à moi. Je n’ai pas besoin de passer ma vie à attendre qu’il se fasse tuer quelque part. J’ai besoin d’un père pour ma fille et d’un copain stable pour moi. Un type sérieux, gentil…

Angel : Mais tu l’aimes.

 

Valery : (après un silence) Bien sûr que je l’aime. Et il le sait, c’est ce qui lui donne tant de pouvoir sur moi. Mais…mais je ne peux plus.

Angel : Tu as raison, Spike ne s’établira jamais nulle part.

Valery : C’est ce que je disais…

Angel : (la coupe) Mais peut-être que William voudra le faire. Tu devrais y penser.

Valery : (après un silence) Pourquoi est-ce que tu fais ça?

Angel : Parce que tu penses beaucoup trop. Je sais ce que c’est, et je sais aussi qu’on devrait parfois oublier un peu notre tête pour se concentrer sur notre cœur.

Valery : Je ne peux pas lui donner une autre chance. À chaque fois, il me déçoit.

Angel : (se lève) Je comprend. Mais tu ne peux pas l’ignorer non plus. Et quand Spike a une idée dans la tête, il ne l’a pas ailleurs.

Valery : (sourit) Oh, ça dépend à quoi il pense…(se lève) Mais je ne peux vraiment pas. Il m’a dit des choses…

Angel : Oui?

Valery : Des choses difficiles à oublier.

Angel : Bon, d’accord. Je crois que je vais rentrer, maintenant. Ne force pas trop sur le rangement…

Valery : D’accord.

Angel : (l’embrasse sur le front) Bonne journée. (s’éloigne) Oh, j’oubliais…Même si tu range toutes les maisons du quartier pour te tenir occupée, tu ne réussiras pas à la chasser de ta tête. Je le sais, j’ai déjà essayé.

Valery : Tu as déjà essayé de chasser Spike de ton esprit?

Angel : Tu sais parfaitement ce que je voulais dire. Bonne journée…

Il s’en va, laissant Valery plutôt déprimée, et, elle ne sait pas pourquoi, assez en colère. Son regard se pose encore sur le tableau. Après un moment d’inaction, elle l’attrape et le retourne sur son chevalet.

 

Chez Angel et Buffy.

Buffy est en train d’éplucher des pommes de terre quand son mari entre. Il l’embrasse rapidement avant de s’asseoir en face d’elle.

Buffy : Alors, comment ça s’est passé?

Angel : Plutôt bien. Je vais aller voir l’autre tout à l’heure.

Buffy : Ne lui fait pas trop mal, je suis certaine que Valery préfèrerait un seul Spike qu’un tas de petits morceaux.

Angel : J’y penserai. N’empêche qu’il a vraiment le don de se mettre les pieds dans les plats.

Buffy : Qu’est-ce qu’il a fait?

Angel : Je ne sais pas encore, elle n’a pas voulut me le dire. Mais il a dit quelque chose…je ne sais pas quoi, en fait. De toute façon, lui va me le dire.

Buffy : Si je comprend bien, il n’aura pas vraiment le choix.

Angel : En effet. Oh, je voulais te parler de quelque chose aussi…Tu ne crois pas qu’on devrait avoir une conversation avec Thierry?

Buffy : Il est trop jeune pour être mis au courant de tout ça. Ce n’est qu’un enfant.

Angel : Buffy…Il est trop jeune pour aller chasser, je te l’accorde. Mais pas pour apprendre les règles un peu…spéciales, de notre famille. Et puis, je sais que tu lui as acheté une chaîne en or avec une croix.

Buffy : C’est un de ses cadeaux de Noël…Cela n’a aucun rapport avec les vampires.

Angel : Non, on sait tous que tu essaies d’inculquer des principes chrétiens à ton fils…(sourit) Écoute, il faudrait au moins lui parler des bases, du genre : on n’invite pas les buveurs de sang dans la maison, on ne se promène pas en pleine nuit avec une pancarte « mangez-moi » dans le dos…

Buffy : On se lave derrière ses oreilles et on s’essuie les pieds avant d’entrer. Ce sont les seules règles que je veux lui imposer pour l’instant. Il n’a que sept ans, Angel.

Angel : Bon, d’accord. Je n’insiste pas.

 

Chez Valery.

Elle est dans la cuisine et elle nettoie les étagères. Isabelle est dans sa chaise haute et mange un biscuit en regardant sa mère s’activer. La porte d’entrée s’ouvre et se ferme et Thierry entre dans la pièce.

Thierry : Salut Valery!

Valery : (s’arrête) hey, salut! Comment ça va?

Thierry : Bien. Je suis un peu puni parce que j’ai quitté la maison en pleine nuit, mais maman a dit que je pouvais venir te voir.

Valery : (pousse une pile de journaux d’un banc) Allez, viens t’asseoir. Tu veux une collation?

Thierry : Ouais!

Valery : (met une mitaine et ouvre la porte du four) Je crois que ma nouvelle fournée de biscuit sont prêt. (sort la plaque) On va les laisser refroidir un peu. Voyons, j’en avais une autre plaque…Où l’ai-je mise?

Thierry : Je crois qu’elle est juste derrière toi.

Valery se retourne et soupire. En effet, au seul endroit à peu près en ordre de la cuisine, la première plaque à biscuit est en train de refroidir. La tueuse prend une spatule et les dépose dans un plat en plastique, puis prend une assiette sur le comptoir et y en pose un. Elle s’approche de Thierry et dépose l’assiette devant lui.

Valery : Attend, je vais aller te chercher un bon grand verre de lait.

Valery se dirige vers le frigo et ouvre tout grand la porte, cherchant des yeux le carton de lait. Le petit garçon s’approche d’elle et saisit une poche de sang.

Thierry : C’est quoi, ça?

Valery : (la lui prend des mains) C’est à Spike. C’est, hum…à lui.

Thierry : Le lait est là.

Valery : Oui, le lait. (elle prend le carton et verse une rasade du liquide blanc dans un verre) Allez, viens.

Thierry : (se rassoit et commence à manger son biscuit) Pourquoi tu nettoies tout?

 

Valery : (pose le verre devant lui) Parce que, parfois, les adultes ont de drôles d’idées, comme ça. Tu vois, mon grand, pour une adulte comme moi, faire le ménage, c’est tout sortir des armoires et tout y remettre après. Tu verras, quand tu seras grand.

Thierry : Maman faisait ça, avant. Mais elle ne le fait plus depuis que « Brooke » est arrivée…

Valery : C’est moi ou tu ne portes pas ta petite sœur dans ton cœur, ces temps-ci?

Thierry : Maman et Papa s’occupent tout le temps d’elle. Ils ne jouent plus avec moi, il n’en ont que pour elle. Je croyais que ça s’arrangerait avec le temps, mais plus elle est là, plus ils m’oublient.

Valery : (sourit doucement) C’est difficile, hein?

Thierry : Je ne comprends pas. Toi, tu as Isabelle, mais tu t’occupes de moi comme avant. Tu fais des biscuits, le grand ménage, tu inventes des jeux rigolos. Maman, elle, tout ce qu’elle fait, c’est préparer les repas et s’occuper de Brooke.

Valery : Et ton père?

Thierry : Papa ne fait rien ces temps-ci. Il est toujours partit.

Valery : (avale de travers) Oui, hum… C’est un peu de ma faute. Il vient souvent me voir, ces temps-ci. Tu sais, tu devrais vraiment en parler à tes parents, ça te ferait du bien.

Thierry : (fini son biscuit) Ouais, peut-être.

Valery : (recouvre le contenant en plastique avec son couvercle) Tiens. Apporte ça à ta maman.

Thierry : Ok. (fini son lait, saute du banc) Qu’est-ce que tu vas faire, toi?

Valery : (regarde autour d’elle) Oh…ranger la zone sinistrée.

Thierry : (prend la boîte) Papa dirait que je dois te demander si tu veux de l’aide, mais j’en ai pas vraiment envie…Tu m’en veux?

Valery : Non, chéri.

Thierry : (regarde les biscuits) Papa n’en aura pas. Quand je suis partit, il prenait son manteau.

Valery : Et où allait-il?

 

Manoir.

Spike est allongé sur le divan. Il a une cigarette dans une main et une tasse pleine de sang dans l’autre. Il a l’air fatigué, voir même, déprimé. Quelques fois, il tire deux ou trois bouffées de sur sa cigarette, prend une gorgée de sang, mais, la plupart du temps, il reste là, à regarder le plafond. Soudainement, un grand raid de lumière envahit la pièce et Spike plonge à terre, plus par réflexe que par danger. Heureusement, il venait de boire la dernière gorgée de sa tasse…

Spike : (se relève) Qui est là?

Angel : (s’avance) Faut qu’on parle.

Spike : Oh, génial, le père de mon ex petite amie vient me faire une petite visite. Par l’enfer, qu’est-ce que tu viens foutre ici?

Angel : Qu’est-ce qui s’est passé.

Spike : Ce n’est pas de tes affaires.

Angel : (s’approche lentement) Valery a refusé de me dire ce que tu avais fait, parce qu’elle pensait que tu devais me le dire. Je répète ma question, qu’est-ce qui s’est passé?

Spike : Non mais, écoutez-le parler! Tu te crois encore à Los-Angeles, en train d’essayer de faire parler un de tes indics? Va au diable, vieux. Oh, et ferme la porte en sortant.

Angel s’approche de Spike, l’attrape par sa chemise et le plaque contre un mur. Spike lève les yeux au ciel avant de les reposer sur son ancêtre, qui n’a vraiment pas l’air d’avoir envie de jouer.

Angel : Je ne suis pas ton « vieux ».

Spike : J’ai déjà entendu ça quelque part…Écoute, tu veux savoir? On s’est disputé, elle m’a plaqué. Fin de l’histoire. Tu me lâches?

Angel : Je pourrais, mais ça ne me tente pas.

Spike : Tu va avoir des crampes dans les bras.

Angel : Et toi ailleurs si tu ne reprend pas avec Valery.

Spike : (lève un sourcil) C’est une menace ou une blague en-dessous de la ceinture?

Angel : Disons un peu des deux…Alors, ou tu m’expliques, ou bien…

Spike : Ou bien quoi? Tu vas me faire sauter la tête? Tes menaces commence à m’ennuyer, vieux.

Angel : (bas) Tu as l’intention de laisser tomber?

Spike : (bas) Tu veux m’expliquer pourquoi tu te mêle autant de mes histoires de cœur?

 

Angel : Parce qu’elle a besoin d’un bon amoureux dans sa vie, quelqu’un qui saura s’occuper d’elle. Et l’on sait tous les deux que, quand tu aimes, tu ne fais rien à moitié. Le problème, c’est que depuis qu’elle a débarqué dans ta vie, on dirait que tu as tout oublié, tu redeviens l’adolescent imbécile que tu étais quand on t’a transformé. Tu es aussi innocent que…(cherche)que…(claque des doigts) que Chris!

Spike : (le repousse) Hey, ne descend pas si bas.

Angel : (sourit) On sait tous les deux que tu as les moyens et l’imagination d’aller la chercher. La question est : est-ce que tu auras le courage de le faire?

Spike : Je n’ai jamais manqué de courage.

Angel : Ah non? Prouve-le. Mais avant, explique-moi ce qui s’est passé.

Spike : (soupire, contourne Angel) J’ai encore fait une stupidité.

Angel : Je m’en doutais, figure-toi. C’est dingue comme tu as la manie d’attirer les problèmes. Même plus jeune, tu étais pareil.

Spike : Bon, il nous ramène ses touchants souvenirs…Peu importe. (soulève les sourcils un court instant) Ça remonte à la créature en forme de mouche qui avait faillit vous tuer, tu t’en souviens?

Angel : Je sais bien que je passe près de me faire tuer presque tout les jours, mais, habituellement, je n’oublie pas ce genre d’horreur.

Spike : On ne sait jamais, l’âge …(se laisse tomber sur le canapé) Je me suis débrouillé pour qu’on en soit débarrasser. Et c’est là que les ennuis ont commencés.

Angel : (se laisse tomber à côté de lui) Tu t’es débrouillé pour t’en débarrasser, ce qui veut dire que tu es allé trouver des gens qui pourrait le faire à ta place.

Spike : Dis plutôt que j’ai tout fait pour nous éviter à tous de sérieux problème avec cette bestiole. (Angel hausse un sourcil) Bon, d’accord, ça dépend du point de vue. De toute façon, je suis allé trouvé un démon qui se nourrit de mouches, et, pour faire une histoire courte, on a fait un pacte : il tuait mon monstre, je m’occupais du sien.

Angel : Son monstre?

Spike : Sa fille. Une vraie vipère, pire que ça, tu meurt. (réfléchit) Enfin, si tu n’es pas déjà mort…(reviens sur terre) De toute façon, tu l’as déjà rencontré. La fille à la peau bleue.

Angel : (incrédule) Tu as gardé une créature qui mangeait le cerveau des enfants?

Spike : Je ne le savais pas! Enfin, au début, en tout cas.

Angel : Et quand tu l’as sut, qu’est-ce qui t’a empêché d’entraîner tes poings sur ce mignon petit punching-ball?

Spike : (soupire) Valery.

 

Angel: Bon, on reviens à la question du jour : qu’est-ce qui s’est passé?

Spike : Saphir – le démon bleu – m’a menacé de la tuer. Dans ce temps-là, Val n’avait pas vraiment de moyen de défense, elle était plutôt, disons…vulnérable. Et puis, la vipère m’a sortit tout son baratin, sur quoi je vieillirais éternellement et qu’elle crèverait là…

Angel : Tu n’as pas été assez stupide pour faire attention à ça? (regard piteux de Spike) Non, tu es trois fois assez stupide pour écouter ces âneries. (soupire, se masse le front d’une main comme s’il avait mal à la tête, laisse retomber sa main) Bon, enchaîne.

Spike : Donc, je me suis mis à la surveiller, tous les soirs. Sauf qu’il y avait deux choses que je pouvais faire, la nuit. Surveiller la méchante vipère, ou aller voir le joli petit chaton. (fait comme s’il jonglait avec les idées) La vipère, le chaton. (pèse une main, la regarde, l’air sérieux, comme s’il réfléchissait) La vipère, (l’autre main, même manège) le chaton. (fait pencher la balance, rit un peu) Pour ma défense, je dirais que j’avais de très bonne raison de choisir le chaton. (air rêveur) Ces derniers jours, Valery se lâchait vraiment, et elle devenait vraiment sauvage, vraiment chaude…(devant le regard d’Angel, Spike fronce les sourcils) Ce n’est peut-être pas le meilleur sujet à aborder avec son père.

Angel : Tu as deviné ça tout seul?

Spike : (sourit) Comme un grand. (hausse les sourcils) Bon, alors, Val est venue chez moi pour qu’on aille cherche Catherine et Thierry, la semaine dernière.

Angel : Je m’en souviens. Je me souviens aussi qu’on ne vous a pas vu, ni l’un, ni l’autre.

Spike : Ça t’étonne?

Angel : Sincèrement? Non. Tu as tendance à profiter de la moindre occasion. Un vrai lapin…

Spike : Oh, tu me donnes des petits mots doux…Que c’est mignon.

Angel : Oh oui, et j’en ai un autre pour toi : imbécile. Bon, tu finis?

Spike : Bon, on avait opté pour la chambre, cette fois.

Angel : Cette fois?

Spike : Ne compte pas sur moi pour te donner des petits détails croustillants, tu n’as jamais voulut me raconter tes soirées torrides avec Buffy.

Angel : Oui, sauf que toi, tu as tendance à vouloir te vanter de tes exploits.

 

Spike : (s’enfonce dans les coussins, les mains derrière la tête) Oh, et j’en ai fait plusieurs. Je n’ai jamais réussit à la traîner au cimetière, par contre. Bah, je réussirai bien à…(Angel le regarde bizarrement) Quoi?

Angel : Reviens-en au fait.

Spike : (soupire, hausse un sourcil, il a l’air agacé par ce qui s’est passé, comme s’il le reprochait à Valery) Donc, mademoiselle avait le sommeil léger, et elle a décidé de se promener un peu. Elle a exploré et, je ne sais pas comment elle est arrivé là, ni pourquoi, par l’enfer, il fallait qu’elle y arrive, mais elle a ouvert grand la porte de la chambre de Saphir. Et le pire, dans l’histoire, c’est que la démone n’a jamais grand chose sur le corps, quand elle dort.

Angel : Ce qui m’amène à ma seconde question : comment tu sais ça?

Spike : (le regarde furieusement) Tu crois vraiment que je saute sur tout ce qui bouge?

Angel : (sourit, moqueur) Est-ce qu’elle a une jumelle?

Spike : (lève les yeux au ciel, exaspéré) Par l’enfer! Vous avez pas bientôt fini de me la ramener, celle-là? Et puis, je sais qu’elle dormais nue, parce que j’ai dut la réveiller souvent. Et puis, disons qu’elle n’attendais que cela.

Angel : Écoutez-le qui se vante, encore.

Spike : C’est la vérité!

Angel : (sourit, regarde ses mains) Je sais, je plaisante. On a fait des recherches sur elle. Ces démons sont croisés avec des vampires. Une femelle a toujours cinquante-six enfants, dont une seule fille. Cette fille-là doit se reproduire avant ses quinze ans, sinon, elle devient totalement stérile. Comme ses deux parents étaient des démons, elle devait prendre un vampire. On dirait qu’elle t’avait choisit. Si tu n’as réellement rien fait avec elle, elle est morte, maintenant. Ses parents la tueront pour pouvoir avoir une autre fille.

Spike : Bon, d’accord. Donc, je n’ai rien fait avec cette allumeuse, mais devine ce que Val a crut…

Angel : Je peux lui expliquer, si tu veux. Elle me croira, moi.

Spike : S’il n’y avait que cela…Mais non, il fallait que j’en rajoute.

Angel : Un jour il faudra que tu m’expliques comment tu fais.

Spike : Ce n’était pas de ma faute. Elle voulait s’en aller, sans me laisser une chance de m’expliquer. Il fallait que je fasse quelque chose! Mais il y avait ce maudit sort…

Angel : Tu as pété les plombs. Qu’est-ce que tu lui as balancé?

 

Spike : Si je me souviens bien, elle a commencé par dire qu’elle voulait être loin de moi, puis elle a descendu les escaliers. Je lui ai dit qu’elle ne pouvait pas partir, et elle m’a envoyé mes quatre vérités et puis…Je lui ai lancé que je l’aimais quand même. Elle m’a répondu un truc…hum…(essaye de se souvenir)…qu’est-ce que c’était? (ses yeux s’éclaire) Oh, oui! Elle m’a dit que je ne savais pas ce que c’était que l’amour. Ça m’a mit dans une rage folle.

Angel : Ça ne te prend pas grand chose.

Spike : Moi, c’est quand on m’insulte, toi, c’est quand on fait une gaffe avec ta fille. Chacun son truc. Dans tout les cas, c’est moi qui paye à la caisse…Bah, je trouverai bien un moyen de te rendre la monnaie. Mais je m’égare.

Angel : En effet.

Spike : Donc, je suis en colère. Je l’attrape par le bras et je lui dit que j’ai fait ça pour elle. Elle ne me croît pas et m’envoie à la figure que tout est fini. Alors, là, je lui dégote mon petit poème désespéré, elle me dit qu’elle me hait. Et c’est là, très précisément, que je déconnecte totalement de la réalité et que je lui balance tout ce qui me trotte dans la tête.

Angel : Ce qui veut dire?

Spike : Je lui ai dit qu’elle n’était plus capable d’aimer, qu’elle s’était moqué de moi, puis je l’ai traité de garce.

Angel : (se redresse dans son siège) Tu quoi?

Spike : Ce n’était pas ma faute! Ensuite, elle m’a giflé (touche sa joue) deux fois. Elle m’a répété qu’elle ne m’aimais plus. Je l’ai plaqué au sol, je l’ai menacé, je l’ai supplié. Elle m’a dit que je ressemblais à son second père adoptif, tu sais celui qui l’a…Bon. Et elle est partie.

Angel : Tu es un imbécile de première classe.

Spike : Mon maître m’a bien appris.

Angel : Et maintenant, il faut que tu rattrapes le coup.

Spike : Je ne sais pas si ça sert encore à quelque chose. Elle m’a clairement dit qu’elle ne m’aimait plus.

Angel : Ce n’est pas ce qu’elle m’a dit.

Spike : (intéressé) Elle t’a parlé de moi?

Angel : (lance un regard à son petit-fils) Tu ressembles à un gamin amoureux.

Spike : Bon, d’accord, j’ai l’air totalement crétin, ça va? Bon, qu’est-ce qu’elle a dit?

 

Angel : Qu’elle n’étais pas fâchée. Elle comprend. Et elle t’aime toujours. Mais elle pense beaucoup à sa fille, elle lui cherche un père. Le reste qu’elle m’a balancé, c’était plus pour se convaincre elle-même. (regard amusé) Oh, et elle m’a dit qu’elle t’aimait. Elle range sa maison au complet pour s’empêcher de penser, et elle a de grandes discussions existentielles avec ton portrait. Mais cette fois, elle ne fera pas les premiers pas. Tu l’as blessé.

Spike : Donc, c’est simple. J’ai plus qu’à la reconquérir et à lui montrer que je peux être près d’Isabelle.

Angel : Tu as un plan?

Spike : (se lève, sourit) Oh oui. Elle a connut William, et ça n’a pas marché.

Angel : Et alors?

Spike : Elle va rencontrer Spike.

À Suivre...