RENAISSANCE 52 par Juliette

 

-Ne fais pas ça-

 

Résumé: On revient à la fanfic extra-longue, chers lecteurs! Je ne voulais pas éterniser cette partie de l’histoire, qui ne doit en fait servir que comme coup de pied à un joli derrière. C’est donc partit pour un jeu de torture mentale, sans parler des conflits entre scoobies. En effet, tous n’ont pas la même opinion vis-à-vis le nouvel état de la tueuse aux yeux violets…

 

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Dernièrement dans Buffy contre les vampires…

 

Buffy : Elle est totalement déconnectée de la réalité.

 

Richard : On change de plan.

 

Buffy : Qu’est-ce qui s’est passé?

 

Alex : Valery a faillit tuer Thierry.

 

Valery : (d’une voix étrange) Je vais très bien… Et j’ai faim.

 

Maison de Buffy et Angel. Angel redescend de l’étage, l’air très inquiet et passablement en colère. Il passe devant le groupe et enfile son manteau.

 

Angel : (en ajustant son col) Elle s’est sauvée. Par la fenêtre.

 

Doyle : Huston, on a un problème…

 

Angel : Elle n’a pas pu aller bien loin. Je pars à sa recherche.

 

Alex : (se lève) Je viens avec toi.

 

Angel : Oh, non! Toi tu restes. Tu en as assez fait pour ce soir.

 

Il ouvre la porte et y trouve Willow et Cordélia, se préparant à frapper. Sans un regard pour elles, il passe le battant et s’en va. Cordélia entre dans le maison, traînant son amie derrière elle, puis remarque l’état de crise dépeint sur les visages des autres. La jeune actrice prend une grande inspiration.

 

Cordélia : Qu’est-ce qui se passe, encore?

 

Alex : Valery s’est encore sauvée.

 

Cordélia : Vous avez regardé dans le cabanon?

 

Le générique défile…

 

Crypte de Richard. Ce dernier est assis dans son fauteuil, l’air parfaitement heureux et détendu. Tout marche, pour une fois, comme il le veut. Étendant ses pieds devant lui, le vampire attrape la bouteille de Whisky proprement entamée la veille. On entend de la musique classique jouer en arrière plan. Le violon lui vrille les tympans…Dans l’autre pièce, la tueuse se repose après avoir bu la dernière bouteille de son propre sang. Comme la transformation s’était faite directement, sans moment de repos, la nouvelle vampire était morte de fatigue…entre autre chose! L’étrange plaisir qu’il a lu dans ses yeux alors qu’elle se jetait sur la bouteille pleine d’hémoglobine le conforte dans son intuition : la tueuse sera une puissante vampire, la plus belle de toutes ses créations. La plus brillante. La plus maléfique.

 

Maude-Iris : Je n’en peux plus!

 

Richard : (soupire) De?

 

Maude-Iris : D’attendre…(excitée) On a une tueuse, là, toute chaude, juste pour nous…J’aimerais m’amuser avec elle, lui faire plein de vilaines choses…

 

Richard : Maude-Iris, tu n’as pas honte?

 

Maude-Iris : Non.

 

La vampire se laisse tomber sur le fauteuil d’en face et pose ses pieds sur la table basse, retirant une à une ses bottes rouge vif. Repoussant ses cheveux en arrière, elle fixe son copain avec un mélange d’admiration et de mépris : ce trouillard aura quand même réussit à avoir une tueuse…Mais, bien vite, l’ennui revient gagner l’alléchante créature, qui étire langoureusement ses membres.

 

Maude-Iris : Pourquoi tu ne l’as pas seulement transformée en vampire? Ou simplement bu son sang…On n’en serait pas là à attendre que madame ne s’éveille.

 

Richard : Comment une femme si belle peut-elle être si bête?

 

Maude-Iris : Hey! Je ne peux pas tout savoir!

 

Richard : Ça se voit. Bon, je vais t’expliquer. Tu te souviens des neuf vampires qu’Angel a tué?

 

Maude-Iris : Bien sûr. J’avais appris ça à l’école des enfants tueurs. Tous possédaient une caractéristique propre à l’humain.

 

Richard : Nous craignons les objets religieux, les pieux et le soleil. Nous n’avons pas de reflet dans le miroir. Nous devons boire du sang et demander avant de pouvoir entrer chez quelqu’un. Nous possédons également des traits vampiriques et une force hors du commun.

 

Maude-Iris : Et ne nous vieillissons pas. Je connais la chanson, j’en chante le refrain tous les jours. Mais ça n’explique rien.

 

Richard : Grâce à ce charme, Valery aura tous les avantages du vampire…sans les inconvénients. Elle marchera dans la lumière, se battra comme pas deux et entrera où elle voudra, quand elle le voudra.

 

Soudainement, la porte de la crypte s’ouvre pour laisser entrer une Harmony furieuse et fumante. Son manteau est enrobé d’un épaisse fumée grise alors qu’elle l’enlève pour le jeter dans un coin de la pièce. Puis, la jeune vampire blonde descend les marches d’un pas sec et rapide pour venir se planter devant Maude-Iris et Richard.

 

Harmony : (crie) Vous avez décidé de me faire tuer! Non mais, si c’est ça, dites-le! Parce que j’en ai marre de vos magouilles! Quand je suis arrivée à la maison, non seulement Valery n’était pas là, mais Buffy m’a presque prise la main de le sac!

 

Richard : Et les pieds dans les plats…

 

Harmony : Très drôle, Richy. Et quand j’ai essayé de revenir, je me suis fait prendre par le soleil. J’ai faillit griller.

 

Maude-Iris : Juste faillit?

 

Harmony : Parfois, j’ai vraiment l’impression de ne pas être appréciée dans cette famille.

 

Un craquement se fait entendre derrière eux. Ils se retournent tous et un long silence s’en suit.. Richard est le premier à réagir. Il se lève et sourit doucement.

 

Richard : Bonjour...

 

Maison Summers. Angel arrive chez lui en vitesse. Buffy est dans la cuisine, très calme, et donne à manger aux enfants. Il se débarrasse de son manteau, l’accroche rageusement sur un crochet et monte directement à l’étage, sans un regard pour sa famille. Doyle entre dans la cuisine, portant une boîte pleine de conserve qu’il pose sur un comptoir.

 

Doyle : Le tigre vient de rentrer…À ce que je constate, il ne l’a pas trouvé.

 

Buffy : (commence à ranger les conserves) Hum hum…

 

Doyle : T’a pas l’air très perturbée, ma grande.

 

Buffy : (pose violemment une conserve sur le comptoir) Thierry, tu as fini?

 

Thierry : (lève le nez de son bol) Oui, maman.

 

Buffy : Alors va jouer avec ta sœur et Isabelle dans le salon, je dois parler à Doyle.

 

Thierry : D’accord.

 

Le petit garçon descend de son siège. Alors qu’il glisse en bas, on peut voir les marques sur son cou. Il aide sa sœur et sa cousine à descendre de leur siège, puis les prend chacune par une main et les guide vers le salon. À ce moment, la tueuse se retourne brusquement vers Doyle.

 

Buffy : (tente de garder son calme) Ce n’est pas à moi d’être perturbée, Doyle. Regarde comme Thierry est renfermé depuis que Valery l’a agressé. Il ne dit presque plus rien, il est mort de peur. Tout cela à cause d’elle. J’avais dit à Angel que l’on n’aurait pas dû la garder, mais il ne m’a pas écouter. Elle est dangereuse, mais je suis la seule à le comprendre! (inspire profondément) Elle aurait pu le tuer…

 

Doyle : Mais elle ne l’a pas fait.

 

Buffy : Si on la laisse faire, un jour elle le fera. J’ai vu des cas semblable. « Je plaide l’aliénation mentale, votre honneur… » et un gosse est enterré le lendemain.

 

Doyle : Si le tien a la mine basse, ces temps-ci, c’est peut-être qu’il sent la tension entre toi et Angel. Tu devrais lui parler.

 

Buffy : (soupire) Je vais le faire.

 

La tueuse s’éloigne vers l’escalier qu’elle monte tranquillement. Elle se dirige lentement vers sa chambre, dont elle pousse le battant. Angel est assis sur son lit, l’air fatigué. Il a passé la nuit à courir sa fille dans toute la ville, sans la trouver. Personne ne l’a vu, elle s’est évaporée dans la nature. Même les vampires, habituellement plus loquaces quand ils aperçoivent un pieu, sont restés muets comme des tombes…qu’ils n’auraient jamais dû quitter, d’ailleurs. Angel est mort de fatigue et d’inquiétude. Tellement qu’il n’entend pas sa femme entrer. Il s’aperçoit à peine qu’elle referme la porte derrière elle et s’appuie dessus.

 

Buffy : Angel, il faut qu’on parle.

 

Angel : (se frotte le visage avec les mains) Pas maintenant, Buffy.

 

Buffy : (croise les bras) Si, maintenant.

 

Angel : (regarde sa femme dans les yeux) Buffy, ce n’est pas le moment. Je ne suis vraiment pas d’humeur à discuter.

 

Buffy : Si tu ne veux pas parler, tu vas au moins m’écouter.

 

Angel soupire bruyamment avant de se retourner complètement vers sa femme. Il prend soudainement conscience qu’elle est furax et pas encline du tout à le laisser sortir.

 

Buffy : Je veux savoir ce que tu vas faire quand tu vas l’avoir retrouvé.

 

Angel : Et bien, je vais la ramener ici, c’est tout.

 

Buffy : « C’est tout » ??? (rit méchamment) Oh, non, Angel.

 

Angel : Comment ça, non?

 

Buffy : Je ne veux pas qu’elle remette les pieds dans cette maison si elle est toujours dans cet état.

 

Angel : (catégorique) Ça n’a aucun sens.

 

Angel se lève et essaie de passer, mais sa femme se pousse devant lui. Il tente encore de la contourner, mais elle se met encore en travers de son chemin. L’ancien vampire fronce les sourcils alors que la tueuse fait de même.

 

Angel : (sérieux) Je n’ai pas le temps de jouer.

 

Buffy : (en colère, crie) Alors ça, c’est la meilleure! Tu crois que je joue?

 

Angel : Calme-toi.

 

Buffy : Oh, non, je ne me calmerai pas, Angel.

 

Ce dernier passe une main dans ses cheveux. C’est la première fois qu’il voit sa femme aussi hystérique. Il n’a vraiment pas besoin de ça en ce moment. Valery est quelque part, perdue en ville, prête à devenir la victime de n’importe quelle créature de cette ville maudite.  Et il est là à discuter avec Buffy!

 

Angel : Je t’ai dit que je n’avais pas le temps.

 

Buffy : As-tu regardé ton fils, Angel?

 

Angel : Thierry va bien, Buffy…

 

Buffy : (le coupe) Non, non! Thierry ne va pas bien. Il est mort de peur et il devra endurer cette peur tant que Valery restera sous ce toit.

 

Angel : (le ton monte) Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse?

 

Buffy : Ce qu’il y a de mieux à faire! Tu dois la mettre dans un endroit spécialisé.

 

Angel : (incrédule) Tu veux que je la place dans un asile de fou?

 

Buffy : Tu ne vois pas qu’elle est en train de détruire notre famille? Elle aurait pu tuer Thierry!

 

Angel : Thierry a désobéi…

 

Buffy : Thierry est un enfant, Angel. Les enfants, ça désobéi. Et la prochaine fois qu’il désobéira pour voir sa grande sœur, il risque d’y rester.

 

Angel : Tu dramatises…

 

Buffy : Ah oui? Tu as vu les marques sur le cou de ton fils? As-tu seulement jeté un regard à ton garçon? Ce n’est pas rien, Angel. Il aurait pu être tué. C’est ton fils, autant que Valery est ta fille.

 

Angel : Qu’est-ce que tu insinues?

 

Buffy : Rien. Je constate. Tes enfants compte beaucoup moins que Valery, ces temps-ci.

 

Angel : Ma fille est folle, Buffy! Comment veux-tu que je la laisse comme ça?

 

Buffy : Ce n’est pas ta fille, Angel! Tu ne l’as pas élevée, tu ne l’as pas vu grandir! Et elle ne te considère pas comme son père non plus.

 

Angel : Comment peux-tu dire ça? Valery est ma fille à part entière. Elle m’aime autant que je l’aime.

 

Buffy : Alors dis-moi combien de fois elle t’a appelé papa. Dis-le moi, Angel, allez.

 

Angel : Je croyais que tu aimais Valery.

 

Buffy : J’ai beaucoup d’affection pour Valery. Autant que j’en ai pour n’importe lequel des scoobies. Mais si elle touche encore un cheveu de mon fils ou de ma fille, je te promet que je la tuerai. Si tu l’aimes vraiment, Angel, protège-la. Protège-la d’elle-même. Quelqu’un doit s’occuper d’elle, et ce n’est pas ton rôle.

 

Angel : Je vais d’abord la retrouver et je vais la ramener ici. Ensuite, j’aviserai. Mais une chose est sûre, Buffy : peu importe que tu sois ma femme, la mère de mes enfants ou la tueuse, je ne te laisserai pas lui faire de mal.

 

Buffy : Alors tu auras à choisir entre moi et elle. Pense vite, Angel.

 

Angel : Je dois y aller.

 

Et lui de passer devant sa femme, qui affiche un air coléreux. Comment a-t-elle osé lui mettre le pied au mur de cette façon? Ne voit-elle pas qu’ils sont en moment de crise? Qui sait où est Valery, dans quel danger elle est?

 

Crypte de Richard. Ce dernier s’est levé à l’arrivée de sa nouvelle protégée. Cette dernière a emprunté les vêtements d’Harmony pour remplacer sa chemise de nuit. Ses yeux brillent d’un drôle d’éclat alors qu’elle regarde les trois vampires qui la scrute d’un drôle d’œil.

 

Maude-Iris : Tu t’es enfin réveillée.

 

Valery : L’idée de te retrouver devant moi ne me donnait pas vraiment envie de sauter en bas du lit, chérie.

 

Maude-Iris : (bouche bée) Oh…Elle a osé!

 

Harmony : (fière) Oui, elle a osée!

 

Richard : Du calme, Maude-Iris.

 

Valery : Oui, du calme, Maude-Iris.

 

Tout sourire, Valery descend lentement les quelques marches qui la sépare de la pièce principale du repère des vampires. Ces derniers l’observe alors qu’elle balaie de son regard d’améthyste les quelques meubles qui l’entourent. Maude-Iris, les mains sur les hanches, la regarde venir vers Richard en lui lançant un regard plus qu’enjôleur. À ce moment précis, elle sent bouillir en elle un sentiment incroyable, une impression qu’elle n’a jamais ressentie : la jalousie.

 

Richard : (à Valery) Comment tu te sens?

 

Valery : (se laisse tomber dans un fauteuil) Très en forme. Je ne me suis pas senti aussi bien depuis… en fait, je ne me suis jamais senti aussi bien. Cette rage qui me coule dans les veines, cette puissance…

 

Richard : Ça fait du bien, n’est-ce pas?

 

Valery : C’est incroyable. Si j’avais su, je serais allée me faire mordre bien avant. Je comprend maintenant combien les humains sont une race inférieure à nous, je sens leur faiblesse. Je meurs d’envie de planter mes nouveaux petits crocs dans leur gorge…

 

Harmony : Ce soir, on se fait une fiesta. Tu veux, Richard?

 

Richard : Si je veux? Ce soir, si vous voulez, on met cette ville à sang. On tue qui vous voulez.

 

Harmony se lève pour aller activer le système de son alors que son sire sort une bière du frigo. Il la lance à Valery qui en appuie le goulot contre une table puis le frappe pour la décapsuler. Ensuite, elle en avale plusieurs gorgées d’une traite avant de se diriger d’un pas assuré vers Harmony qui est déjà en train de se déhancher sur la musique. Richard vient bientôt les rejoindre, avant de passer ses bras autour des tailles de ses deux protégées. Seule Maude-Iris reste dans son coin, l’œil noir de colère et d’envie.

 

Maison de Tara et Willow. Les deux sorcières sont en train d’étudier des bouquins et semblent en vive discussion. Elles ont toutes les deux l’air très fatigué. Le soleil est haut dehors, elles ont dû travailler toute la nuit.

 

Tara : Il doit y avoir un autre moyen.

 

Willow : Tara, Valery est partie. On n’a plus le temps de trouver d’autres moyen. Si il y en a un de la ramener parmis nous, il faut agir. Maintenant. On n’a pas le temps d’avertir les autres.

 

Tara : On ne peut pas faire ça à nous deux. Même si l’on rajoute l’énergie de Catherine – ce que je n’aime pas du tout – nous n’en aurions pas assez pour plonger quelqu’un dans la folie et pour l’en tirer.

 

Willow : Je sais tout ça, mais le temps nous manque. Nous avons tous les ingrédients, c’est bientôt la pleine lune et nous serons en condition d’exécuter le charme.

 

Tara : Je n’aime pas ça.

 

Willow : Je n’aime pas plus cette situation. Tara, je sais que ça te fait peur, mais…(soupire) J’ai veillé sur Valery pendant une bonne partie de son enfance. J’ai été son observatrice. Et je me sens…incroyablement…

 

Tara : (doucement) Quoi?

 

Willow : Coupable. C’est ma faute si elle a été retrouvée par l’école des enfants tueurs. J’ai donné sa position. Je l’ai jeté dans ce guêpier et tout ce qui lui est arrivé découle de ce que je lui ai fait. Je dois l’aider.

 

Tara : D’accord. Mais premièrement, il faut retrouver Valery.

 

Willow : Buffy…Buffy veut la faire interner.

 

Tara : Je te demande pardon?

 

Willow : Dans une clinique spécialisée. Et je crois qu’elle réussira, même sans l’accord d’Angel. Peut-être a-t-elle raison, mais…

 

Tara : Alors il faut la retrouver avant les autres.

 

Manoir. Spike est allongé sur le divan du salon, le chien à côté de lui. Il boit tranquillement un bol fumant plein de sang chaud en regardant la télé. Soudainement, la porte s’ouvre. Le chien relève la tête pour apercevoir Angel, entrant dans la grande pièce pour se diriger directement vers son petit-fils.

 

Spike : Quel est le drame qui me vaut encore cette visite.

 

Il remarque soudainement l’air grave de son ancêtre qui le dévisage de ses grands yeux noirs. Le vampire se lève d’un bond. Cette fois, ce n’est pas qu’une histoire de démon. Il se passe vraiment quelque chose de grave. Et Angel n’aurait pas cet air si…

 

Spike : (en colère) Valery.

 

Angel : Ce n’est pas sa faute.

 

Spike : Pas la faute de qui.

 

Angel : Elle a traversé une fenêtre. Nous ne savons pas où elle est.

 

Spike : Quand?

 

Angel : La nuit dernière.

 

Spike : Tu veux dire que Valery, Valery la tueuse, se promène en ville depuis hier, complètement incapable de se défendre.

 

Angel : (après un silence) Nous devons y aller.

 

Spike : Quel est l’imbécile qui…

 

Angel : Elle a faillit tuer Thierry.

 

Spike : Quoi?

 

Angel : (sous le choc) Valery…Elle a faillit tuer Thierry. Il est entré dans sa chambre et…elle a tenté de l’étrangler. Elle l’a attaqué comme ça, et il aurait très bien pu y rester. Si nous la retrouvons…Buffy la fera enfermer. Et je crois que je suis d’accord elle.

 

Spike : Je ne vous laisserai pas faire.

 

Angel : Tu n’auras pas le choix. C’est mon fils, Spike. Il s’agit de ma famille.

 

Spike : Et ta fille, elle ne compte pas?

 

Angel : Et mon fils, il ne compte pas?

 

Les deux hommes, face à face, se jauge pendant un instant. Spike observe froidement Angel, qui semble inflexible. Un long moment passe en silence. La vampire inspire profondément, essayant de calmer la fureur qui brûle soudainement en lui.

 

Spike : On perd du temps. Allons-y.

 

Maison de Buffy. Cette dernière est assise sur le rebord de la fenêtre. Elle arbore un air coupable alors que ses doigts tapotent le cadrage. Les disputes de ce genre avec Angel lui rappellent de mauvais souvenirs et sa situation face à Valery la fait réfléchir. Fait-elle bien de vouloir la faire interner? Dans toutes son expérience, elle n’a vu aucun cas de rétablissement dans un asile. Des accalmies, avec les médicaments, oui. Pas de guérison. Et puis, si c’était Thierry, qui était là, dehors, vulnérable?

 

La tueuse pousse un profond soupir et se passe la main sur le front. Que c’est injuste. Pourquoi sa vie est-elle si compliquée, si pleine d’embusque? Est-ce que ça fait nécessairement partie de la vie d’une tueuse? Et est-ce qu’une autre tueuse doit subir la même chose? Une autre tueuse comme Valery…La jeune femme se lève et se dirige vers le téléphone, qu’elle empoigne. Lentement, comme incertaine, elle compose un numéro.

 

Buffy : (après un certain temps) Mary, s’il-vous plaît. Oui, j’attend…Allô, Mary? Je sais qu’il est tard, mais…je dois sortir immédiatement. Tu pourrais venir surveiller les petits?

 

Crypte de Richard. Valery est avec Harmony, dans une pièce qui ressemble vaguement à une chambre, en train d’essayer des vêtements. Valery a sur le dos une jupe très courte en cuir sur des collants noirs et un hésite entre deux chemisiers. Harmony est assise sur le lit, un air mélancolique sur le visage.

 

Valery : (excitée) Ok, lequel?

 

Harmony : Le rouge, avec de la dentelle. Il fait très « choc sexy ».

 

Valery : Ouais, c’est vrai. Je dois être à mon meilleur pour charmer ma première victime.

 

Harmony : (triste) Ouais…

 

Valery : Harmony, qu’est-ce que tu as? C’est la fête, ce soir!

 

Harmony : Tu oublies que je ne peux plus mordre…

 

Valery : Oui, mais tu peux toujours faire la fête! Et puis, on trouvera bien un moyen de te débarrasser de ce petit handicap. Et je percerai le cou de qui tu veux, je te le promet.

 

Harmony : T’es vraiment géniale.

 

Valery : (sourit) Je sais. Maintenant, tu va enfiler ce (elle soulève du doigt un top très très court, en fait, ce n’est qu’une bande de tissus en cuir rouge) magnifique petit haut et tu vas venir faire la fête avec moi. Et grouille-toi, Richard et Maude-Iris doivent nous attendre.

 

Harmony : On va faire un massacre!

 

Valery : (cruellement) C’est le cas de le dire…

 

Maison de Willow et Tara. Un cercle a été tracé sur le sol à la craie. Trois triangles ont été dessiné au sud, à l’est et à l’ouest. Tara, elle, tiens un bouquin dans ses mains, et ne semble pas très assurée de ce qu’elle se prépare à faire. Plusieurs herbes sont réunies dans un plat, près d’un paquet d’allumettes.

 

Tara : Je t’ai déjà dit que je ne le sentais pas, ce coup-là?

 

Willow : On n’a plus le choix, Tara. Il faut y aller.

 

Tara : (soupire) D’accord. J’y vais.

 

Alors qu’elle commence à incanter, un vent doux et tranquille se lève dans la pièce, mais, à mesure que les mots s’affilent, il devient plus fort. De minuscules éclairs d’électricité éclatent çà et là, manquant de près à chaque fois les deux sorcières.

 

Tara : Arrachez la raison de l’âme! Que les mots soient perdus, que la mémoire s’envole. Que raison soit morte, que raison soit enlevée!

 

Les éclairs viennent soudainement heurter Willow, qui hurle de douleur. Bronze. Spike et Angel sont à l’extérieur et s’y dirige consciencieusement. Ils s’arrêtent un instant avant de traverser la porte.

 

Spike : De quoi il a l’air, déjà?

 

Angel : Vaguement humain, les yeux jaunes, comme les cheveux. Un espèce de chat. Il va sentir ta présence et va essayer de se sauver.

 

Spike : Par l’enfer, une chasse aux matous…

 

Angel : Paraîtrais qu’il aurait vu Valery se promener dans la rue…On ne doit pas laisser passer cette chance.

 

Ils entrent tous les deux dans la salle. Dès qu’il mets le pied à l’intérieur, Spike s’immobilise. Valery est là, quelque part, dans cette foule très dense de samedi soir. Il sent son odeur valser dans l’atmosphère, quelque part. Sans s’en rendre compte, il s’éloigne d’Angel, toujours à la recherche de son homme chat, pour se diriger vers la piste.

 

Pendant ce temps, au bar, Valery et Harmony sont en train de s’occuper d’un jeune homme noir, tout à fait abrutis par les deux beautés qui se pendent à son bras. Harmony, l’air aguicheur, passe nonchalamment sa main sur la cuisse de l’homme pendant que Valery, collée sur lui, prend un air intéressé en ouvrant de grands yeux conquis.

 

Valery : Et dis-moi, Bryan, comment cette femme a réagi?

 

Bryan : Et bien, elle était très heureuse que j’ai retenu le landau de son bébé, sinon, il serait mort. Elle m’a sauté au cou, mais j’ai refusé son étreinte, vous comprenez. Je sais me conduire, moi, les filles…

 

Harmony : (sourit, même si elle est dégoûtée) C’est bruyant, ici, non? On devrait aller dehors. On serait…(sa main remonte sur la cuisse de Bryan)…plus tranquille.

 

Bryan : Je…je vous suis, les filles.

 

Les deux jeunes vampires prennent chacune une main de Bryan pour l’emmener vers la porte arrière de l’établissement. Inconscient, ce dernier les suit, tout heureux d’avoir trouvé ces deux sirènes qui ont l’air assez intéressées par sa personne…Mais alors que la petite bande traverse la piste de danse et atteignent la porte de sortie, Spike les aperçoit. Étonné, le jeune vampire fronce les sourcils. Lentement, il traverse la piste de danse à son tour, anticipant ce qu’il trouvera derrière l’épaisse porte. Après une courte et inutile inspiration, le vampire pousse le battant pour se trouver devant un spectacle qui le répugne et le fascine tout à la fois.

 

Chacune de leur côté, les crocs enfoncés dans la chair du pauvre homme, Harmony et Valery sont en train de déguster leur repas. Le sang, trop abondant, coule sur la chemise d’une blancheur immaculée du cadavre uniquement retenu en position verticale par les mains des vampires qui l’empoignent solidement par la taille. Les deux déesses diaboliques avalent à grandes gorgées le liquide épais et métallique qui leur coule dans la gorge.

 

Un gémissement se fait entendre. Spike réalise que c’est lui, qu’il a murmuré un bref : non…Puis, la rage l’aveugle : il empoigne Harmony et la pousse brutalement très loin du macchabée, qui tombe lourdement au sol. Valery, elle, recule d’elle-même devant la rage de son ancien compagnon et trouve même l’audace de lui sourire.

 

Valery : Spike? (rit) Ma soirée est donc complète…

 

Du haut de ses bottes tallons-aiguilles, la jeune vampire blonde fixe son ancien amant avec amusement. Il a l’air en état de choc, incapable de réagie devant la gravité de la situation, ce qui la ferait presque rire. Elle s’avance lentement vers lui, avec précaution : on ne sait pas exactement comment il peut réagir, son visage vampirique toujours bien apparent.

 

Valery : Tu ne me dis pas bonsoir, chéri?

 

Spike fixe le visage de la jeune vampire. Le jaune de ses yeux n’a pas complètement réussit à recouvrir le violet, ce qui donne un mélange étrange et…attirant. À l’aise dans ses vêtements courts, elle s’avance de plus en plus vers lui. Le vampire se reprend et la regarde dans les yeux, tout à coup furieux.

 

Spike : Comment c’est arrivé?

 

Valery : Un moment d’inattention, et pouf! Disparue à tout jamais…Et oui, Spikey, ta jolie petite Valery qui souffre et qui pleure est morte...et tu ne lui manque même pas.

 

Spike ne peut retenir son geste et frappe son ancienne amante de toute ses forces. Celle-ci recule de quelques pas, une traînée de sang lui coule du nez. Loin de se plaindre, elle éclate de rire avant de l’essuyer du revers de la main. Les deux adversaires se mettent à se tourner autour, lentement, comme deux fauves qui se préparent à se battre.

 

Valery : Mais c’est qu’il est fâché, le Don Juan.

 

Spike : Je vais te tuer.

 

Valery : (air innocent) Tu me ferais du mal, vraiment? Regarde-moi, William. Tu ne m’aimes plus?

 

Spike : Les choses sont rarement ce qu’elles semblent être. Tu n’es qu’un vampire.

 

Valery : Comme toi. Tu n’es qu’un vampire, Spike. Pas héros, pas humain. Tu es en deçà de tout ce qui se fait en matière de prédateur et tu sais quoi? Tu ne mérites même pas que je te tue.

 

C’en est trop. Spike se jette sur Valery, qui n’est pas assez rapide pour éviter la charge. Ils vont heurter la façade en tôle du bronze, déchirant par le fait même une des manches du chemisier d’Harmony. Furieuse, la tueuse maintenant vampire saute, prend appuie sur une poubelle et repousse son agresseur à deux pieds. Elle s’avance rapidement vers lui et tente de l’atteindre d’une droite, puis d’une gauche. Spike évite les deux. Il la connaît par cœur, elle va enchaîner d’un coup de pied puis essayera de le déséquilibrer. Mais Valery aussi connaît son adversaire, elle sait bien qu’il prévoit chacun de ses coups et, au lieu de l’attraper par les épaules et de le pousser vers l’avant pour le faire tomber, elle attrape le couvercle d’une poubelle et la lui envoie en plein visage, à deux reprises, ce qui le fait reculer de plusieurs pas. La vampire, plus énervée que jamais, se dirige vers lui et lui envoie son poing en pleine figure. Puis, elle l’attrape par son manteau et le jette au sol, de façon à se ramasser à califourchon sur lui. Elle lui maintien la tête surélevée et lui envoie plusieurs fois son poing en pleine figure.

 

Valery : Harmony, un pieu!

 

Chez Tara et Willow. La situation est à son apothéose : le cercle est maintenant en feu et les cheveux de Willow volent à la verticale dans les airs. Tara continue d’incanter alors que son amie tente de rester calme. Soudainement, le feu des triangles traversent le cercle et la parcourent complètement. Son corps entier devient un immense brasier, mais la sorcière s’en rend à peine compte.

 

Tara : Que deux folies se rencontrent, qu’ils partagent le néant de l’esprit! Envahit le vide! Envahit!

 

Cour du Bronze. Valery, toujours sur Spike, attrape un morceau de bois assez effilé que vient de lui lancer Harmony. Elle fait un grand sourire à son ancien amant avant d’incliner la tête d’un air désolé.

 

Valery : Je crois qu’il faudrait qu’on rompe, mon cœur. Sans rancune?

 

Puis, après un petit rire narquois, la tueuse serre le poing sur le pieu et le soulève. Mais soudain, une voix sonne très fortement dans sa tête, tellement fortement qu’elle en laisse tomber son pieu.

 

Tara : Envahit!

 

Une série d’images déferlent en accéléré dans l’esprit de la vampire, qu’elle chasse d’un coup de tête. Cet intermède, d’une seconde à peine, permet à Spike de reprendre ses esprits. Il renverse la tueuse et lui bloque les poignets au-dessus de sa tête, alors qu’elle se débat, enragée par la défaite. Mais, brusquement, un bruit sourd résonne dans ses oreilles, lui faisant perde toute sa concentration, toute son attention. Quelque chose de fort inhabituel, lors d’un combat avec un vampire. Le bruit se répète, le persuadant qu’il n’a pas rêvé.

 

Un battement de cœur.

 

Puis, brusquement, à peine remis de sa surprise, Spike se sent projeté vers l’arrière, lancé contre un mur. Richard attrape Valery par le bras pendant que Maude-Iris saisit Harmony par les épaules. Ils leur avait dit, pourtant, d’être prudentes et de ne pas chercher la bagarre. Valery, furieuse, tente de se défaire de l’étreinte du vampire qui ne fait que lui broyer les jointures.

 

Richard : On s’en va!

 

Puis, au pas de courses, les quatre vampires s’éloignent du lieu de la bagarre. Pétrifié sur place, Spike les regarde s’éloigner, allongé au sol, incapable de réaliser ce qui vient de se passer. Deux personnes arrivent derrière lui, mais il ne se retourne pas pour les voir, les yeux toujours fixé sur l’endroit où les vampires ont disparus, quelques secondes plus tôt…

 

Angel : Spike? Qu’est-ce qui s’est passé?

 

Buffy : J’ai suivi votre piste jusqu’ici…Tu as croisé des vilains?

 

Spike : (se relève, lentement) Faut qu’on rentre.

 

Buffy : (alors qu’il s’en va) Spike, qu’est-ce qui se passe?

 

Spike : J’ai dit : il faut qu’on rentre. Maintenant.

 

Angel : (lui emboîte le pas) Et Valery?

 

Spike ne dit rien, il fait comme s’il n’a rien entendu. Pourtant, la colère a fait place à la tristesse dans son cœur mort de vampire, et une larme froide Maison de Willow et Tara. Un énorme coup de vent sort soudainement de Willow et va renverser tous les objets de la pièce. La sorcière rousse, au milieu du cercle, tourne le regard sur sa petite amie.

 

Willow : Ça n’a pas marché.

 

Et puis, son regard se pose sur les triangles. Le feu en a brûlé le centre qui est viré au noir. Techniquement, la craie aurait dû s’étendre et le faire tourner au blanc. Apeurée, Willow se lève et attrape son manteau.

 

Willow : Et je crois que quelque chose de grave est arrivé.

 

Crypte de Richard. Le vampire entre à la volée, poussant devant lui le reste de ses accompagnatrices. Il se dirige vers le lit et commence à vider sa table de chevet en vitesse. Il a l’air incroyablement stressé.

 

Richard : Ramassez vos affaires, et grouillez-vous! On déménage!

 

Mais alors qu’Harmony se lance vers le placard qui lui sert de chambre et que Maude-Iris ramasse rapidement bijoux et tenues, Valery, elle, se dirige tranquillement vers un fauteuil et s’y laisse tomber. Voyant cela, Richard laisse tomber une bouteille de Wiski sur le matelas et se dirige vers elle d’un pas coléreux.

 

Richard : Qu’est-ce que tu fou, bordel?

 

Valery : Calme-toi, Richard. Qu’est-ce qui peut bien se passer? Le groupe va être au courant que je suis vampire, et alors? Il ne t’ont jamais fait peur, pourquoi maintenant.

 

Richard : Je crois que tu ne comprends pas bien la situation, princesse.

 

Valery : Alors explique-moi. Je suis une vampire, la fille d’Angel, tueuse de son état, descendante de Darla, car tu en descend toi-même. Probablement la vampire la plus puissante de tous les temps.

 

Richard : Sûrement la vampire la plus puissante de tout les temps. À un détail près.

 

Valery : Lequel?

 

Richard : Tu n’es pas une vampire.

 

Valery : Quoi?

 

Richard : Tu es à demi-vampire. Je t’ai mordu, oui, mais tu n’as pas bu mon sang. Je ne suis pas ton sire. En fait, je n’ai fait que faire ressortir ton côté sombre grâce à un mélange de torture, de douleur et de magie. Ton vrai sire, c’est ton père, princesse. Le grand Jack. Tu as toujours eu ça en toi, depuis ta naissance, même quand Natalia a pris le contrôle de ta vie. Tu es un alliage entre l’humanité et le vampirisme.

 

Valery : Ce qui signifie?

 

Richard : Qu’il y a toujours une partie de toi qui peut être réveillée. Tu étais complètement folle quand on t’a trouvé, et ça peut rendre l’opération difficile, mais c’est réalisable. Tu peux redevenir humaine.

 

Valery : (affolée, se lève) Et ils peuvent faire ça n’importe quand?

 

Richard : Non! Je suis le seul à avoir un exemplaire du livre où l’on raconte comment amener un demi-vampire à sa mauvaise moitié et l’inverse. Mais si Spike s’est rendu compte que tu es toujours en vie, ce dont je ne doute pas, vu la vitesse à laquelle ton cœur bat, toute ta petite bande risque de débarquer ici.

 

Valery : (se lève d’un bond) Alors on s’arrache au plus vite.

 

Richard : Je ne te le fais pas dire.

 

Maison de Buffy et Angel. Mary est assise sur le canapé, un air nerveux plaqué sur le visage. Spike est à côté, le téléphone de la maison dans la main, en train de crier. Un peu plus loin, Angel fait pareil dans un cellulaire. Buffy est en haut, en train de rassurer les enfants, qui sentent de la tension dans l’air.

 

Spike : (hurle au téléphone) Chris, par l’enfer, amène tes fesses ici! (…) Je me fous que ta réunion des crétins anonymes ne soit pas terminé, tu prend tes clés, tes cliques et tes claques et tu débarques ici.(…) Oui, c’est urgent! Ne m’obliges pas à venir te chercher et à traîner ton cadavre par les pieds derrière ma moto. (…) Ouais, on t’attend. (il raccroche)

 

Angel : (aussi au téléphone) Spike dit que c’est urgent. (…) Oui, emmène le petit ici, on a une gardienne. (…) Oui, Anya doit venir aussi, c’est l’état d’urgence. (…) Oui, encore, Alex! (…) Je ne sais pas, je te dis, Spike veut qu’on soit tous là, sans exception, le plus vite possible. (…) Je t’ai dit qu’il refusait de nous dire ce qui se passait, t’es sourd? (…) Ouais, je sais que les marteaux piqueurs ça fait du bruit…

 

Spike : Angel, on a encore plein de monde à appeler, alors enchaîne. (il compose un autre numéro)

 

Angel : (au téléphone) Bon, en bref, débarque. (…) C’est ça, à tout de suite.

 

Spike : (après une seconde) Je hais les répondeurs. Quelqu’un sait où sont Willow et Tara?

 

Buffy : (elle descend l’escalier) Elles ne m’ont pas prévenu qu’elles partaient.

 

Angel : (se lève) Bon, qui doit-on appeler encore?

 

Spike : Il manque Giles. Et Dawn, qui est encore chez cet imbécile de Lucas.. Les autres devraient débarquer bientôt.

 

Buffy : Tu vas nous dire ce qui se passe?

 

Spike : Non, pas encore. Mais j’ai besoin d’un verre.

 

Buffy : J’ai l’air d’une serveuse?

 

Spike : Ne te dérange pas, je sais où est le bar.

 

Et il sort de la pièce, de plus en plus nerveux. Dans quelques minutes, tout le monde sera là, au salon, et il devra leur dire. Comment annonce-t-on à quelqu’un qu’un membre de du gang scooby-doo est passé du mauvais côté de la famille? Rageusement, il empoigne le bouton de porte du mini-bar et le tire violemment, avant de s’emparer de la première bouteille qu’il voit, dont le bouchon est vite arraché. Le vampire la tête en arrière, renverse la bouteille et en avale plusieurs gorgées à même le goulot . Le goût très prononcé de la vodka pure lui brûle la langue et la gorge, lui réchauffant l’estomac. Lui qui voulait à tout pris se calmer grâce à l’alcool, ce dernier provoque l’effet contraire : la réalité le frappe de plein fouet.

 

Alors qu’il reprend la bouteille à pleine bouche pour tenter d’endormir sa tristesse, Dawn, elle, est à l’extérieur, sur le pas de la porte. Elle rentre d’une soirée très tranquille avec lui. Il lui tiens la main alors qu’elle grimpe les dernières marches qui la sépare du battant. Elle lui sourit tranquillement alors qu’il s’approche de plus en plus près d’elle. Leur relation ne cesse de s’amplifier depuis qu’ils se sont rencontré, et chaque moment libre devient une raison pour une leçon de médecine particulière. Mais, naturellement, de plus en plus, c’est l’anatomie, qu’ils étudient ensemble. Le médecin enlace son infirmière préférée, qui ferme doucement les yeux. Comme elle se sent bien, là, présentement, dans les bras de cet homme qu’elle aime et qui l’aime. Quand les lèvres du jeune homme effleure les siennes, c’est une bouffée de passion qui parcoure ses veines en même temps qu’une décharge d’adrénaline. Jamais elle n’a ressenti une telle chose avec aucun de ses anciens petits-amis. Leur étreinte se resserre jusqu’à leur faire mal, ils s’accrochent tous les deux l’un à l’autre. Mais un toussotement vient les interrompre, et Dawn est forcée de se retourner…pour constater que la porte derrière elle est grande ouverte. Buffy, dans le cadrage, les observe d’un air à la fois surpris et curieux.

 

Buffy : Heu, je ne voulais pas vous interrompre, mais Dawn, il faudrait que tu rentres…

 

La grande sœur disparaît aussitôt à l’intérieur. Dawn se retourne vers Lucas, qui la regarde en souriant.

 

Dawn : Je vais devoir rentrer.

 

Lucas : Tu as besoin de moi? Tu veux que je t’accompagne?

 

Dawn : Non, pas ce soir. Merci.

 

Elle l’embrasse sur la joue avant de reculer et d’ouvrir la porte. Lucas attend qu’elle ait refermé la porte avant de s’en aller d’un pas joyeux. Le sourire de Dawn le rend fou…À chaque fois qu’il la quitte tout ce dont il a envie, c’est de la retrouver. Ce n’est pas de l’amour, c’est littéralement de la folie…

 

Maison de Buffy et Angel. Dawn entre dans le salon, où sont assis Buffy, Angel et Mary. La jeune femme remarque la tension ambiante. Quelque chose de bizarre est en train de se produire. Une chance qu’elle n’ait pas fait entrer Lucas…

 

Spike se décide à aller retrouver les autres mais passe près de se faire assommer par la porte d’entrée qui s’ouvre. C’est Willow, Tara et une Catherine à moitié endormie qui viennent de faire leur entrée. La rouquine avise Spike d’un air alarmé.

 

Willow : (sur les nerfs) Quelque chose se passe. Avec Valery.

 

Spike : (la prend à part) Je sais. Tu sais?

 

Willow : Je ne sais pas. Quoi?

 

Spike : Quoi?

 

Willow : Que sais-tu?

 

Spike : Le sais-tu?

 

Willow : Temps mort, je ne comprend rien. Et toi, tu sens l’alcool.

 

Spike : Je sais.

 

Willow : Ah non, ne recommence pas!

 

Spike : Par l’enfer, rouquine, arrête! Je vais tout vous expliquer tout à l’heure. En attendant, monte coucher la petite avec Thierry.

 

Les scoobies se mettent à arriver. Spike, assis dans l’escalier, les envoies tous au salon. Il a un mal fou à calmer Anya, qui s’aventurait dangereusement sur le fait que elle et Alex étaient dans leur chambre quand le téléphone avait sonné, déjà forts occupés à faire des choses qu’Alex lui a interdit de raconter, tout cela dit rapidement avec un bébé en travers des bras. Puis Giles est arrivé, sa bibliothèque dans les bras, armé de son calme tout à fait anglais. Bref, une demi-heure plus tard, tout le monde est au salon, même Chris, bougonnant après Spike qui lui a fait loupé une occasion en or auprès d’une jolie rousse. Fatigué d’attendre, Angel se lève d’un bond et parle assez fort pour couvrir les voix de tout le monde.

 

Angel : Bon, tout le monde est là. Maintenant, dis-nous, Spike.

 

Spike : (entre ses dents) Par l’enfer…(tout haut) Bon, vous savez tous que les grandes déclarations, c’est pas mon fort, mais là…Écoutez, les gars, assoyez-vous.

 

Cordélia : (s’assoit) Spike, tu me fais peur.

 

Giles : Maintenant que nous sommes tous assis, aurais-tu l’obligeance de nous informer de la situation?

 

Spike : (soupire, s’allume une cigarette) Ouais, ouais…(aspire, souffle la fumée) Écoutez, moi et Angel on est allé au Bronze, tout à l’heure…

 

Chris : (de mauvaise humeur) Enchaîne!

 

Spike : (en colère) Valery est devenue un vampire, t’es content?

 

Un long silence suit cette déclaration. Les mots résonnent dans la tête de chacun. Valery, vampire…Même Spike semble seulement réaliser ce qu’il vient de dire. Cordélia, horrifiée, sens deux larmes faire couler son mascara. Oh, elle a connu des gens qui sont mort. Beaucoup, même. Mais juste lire l’horreur dans les yeux d’Angel suffit à lui briser le cœur. Ce dernier s’est levé sans vraiment s’en rendre compte, et balaie la pièce d’un regard vide. Buffy se lève à ses côté et prend sa main dans la sienne, incertaine. Elle aussi est en état de choc. Chris se lève subitement et attrape Spike par son manteau avant de le plaquer sur la table du salon, ivre de rage.

 

Chris : (hurle) Qui lui a fait ça! (le secoue) Qui!?!

 

Cordélia : Chris, lâche-le tout de suite!

 

Étonnamment,  Chris obéi à la jeune reine de beauté, sort du salon et se dirige directement vers l’extérieur, suivi par Mary. Dès que l’air frais frappe son visage, Chris se rend compte de ce qu’il a fait, ce qui l’ébranle encore plus. Valery est morte. Il n’a plus personne.

 

Les jambes en coton, il s’appuie à l’une des poutres qui sous-tend le toit, menaçant de s’écrouler. La main fraîche de Mary se pose sur son épaule, apaisant un peu, à peine, son chagrin. Chris, enragé, flanque un coup de pied à la rampe de l’escalier avant de s’y asseoir, la jeune fille à ses côté. Doucement, Mary prend la tête de Chris et l’appuie sur son épaule. Alors qu’elle lui caresse doucement les cheveux, l’homme qu’il est sent son cœur se déchirer, et une rage grandissante naît au tréfonds de son âme.

 

À l’intérieur, le silence ne s’est pas brisé. Tous fixent Spike, qui se relève lentement. Étonnamment, c’est Doyle qui s’avance pour poser la question que tous veulent oublier.

 

Doyle : Qu’est-ce qu’on fait?

 

Tous les yeux se tournent vers l’ancien démon. C’est en effet ce que chaque esprit se demande à ce moment précis. Le cours des pensées cheminent très vite, on réfléchit à cent milles à l’heure.

 

Buffy : On lui rend son âme.

 

Angel : (se retourne vers elle) Quoi?

 

Buffy : Je crois que c’est ce qu’on a de mieux à faire. Willow en est capable, n’est-ce pas?

 

Willow : Heu, oui, mais…

 

Chris : Moi je dis qu’il faut la tuer.

 

Toutes les têtes se tournent vers lui et Mary qui viennent à peine d’entrer. Personne ne souffle mot sur le fait qu’ils se tiennent par la main. Le garçon semble enflammé, très en colère, d’une cruauté froide et sans mercie.

 

Chris : Réfléchissez. C’est une tueuse incroyable, dotée probablement d’une force que l’on aura de la difficulté à égaler. Autant la confronter alors qu’elle n’a pas encore d’expérience.

 

Cordélia : (se lève) Chris a raison. Vous vous souvenez de la période ou Angel a reperdu son âme? (se retourne vers Giles) Vous, Giles, vous n’avez pas oublié, n’est-ce  pas? Je ne vais pas attendre que Valery viennent assassiner mon petit copain pour ensuite venir le déposer dans mon lit.

 

Giles : (se lève d’un bond) Je t’interdit…

 

Cordélia : Oh, non, Giles. Passez moi vos discours, et donnez-moi un pieu!

 

Buffy : Aucun de vous ne sera capable de l’exécuter. Et je ne crois pas que ce soit la bonne solution. Nous aimons tous Valery, et il y a un moyen de la ramener.

 

Tara : C’est vrai. Toi, Chris, tu te verrais être celui qui l’assassinerait? Tu en serais capable?

 

Chris : (embarrassé) Je…

 

Tara : Nous ne pouvons pas laisser la situation évoluer d’elle-même. Mais nous ne pouvons pas la tuer non plus, comme ça. Ne l’aimez-vous pas suffisamment pour lui offrir une chance?

 

Angel : C’est une malédiction, Tara! Tu lui offre un monde où elle ne voudra pas vivre. Vous la priverez du soleil, et de l’amour aussi. Elle sera vouée à une éternelle solitude, elle vous verra vous aimer sans jamais pouvoir se le permettre. C’est ce que vous voulez, pour elle?

 

Buffy : C’est toi qui nous dit cela? N’es-tu pas heureux, toi, avec nous?

 

Angel : Tu crois qu’un guide viendra la sortir de son enfer? Ces choses-là n’arrivent qu’une fois par millénaire, Buffy.

 

Tara : Bien sûr, la tuer paraît une très bonne idée. Mais tu élèves sa fille, Angel. Que diras-tu à Isabelle quand elle aura quinze ans et qu’elle voudra savoir la vérité sur la mort de sa mère? Seras-tu capable d’affronter son regard? Et puis, veux-tu vraiment priver Valery de la chance de voir grandir sa fille!

 

Angel : Je veux surtout la laisser en paix!

 

Cordélia : Et supposons que vous lui rendez son âme. Peut-être sera-t-elle aussi folle qu’avant, donc, impossible pour elle d’espérer une rédemption! Et…

 

À cette seconde, deux bras passent autour de la taille de la belle actrice. Oz avait vu la note qu’elle avait laissé sur le frigo et s’était empressé d’arriver chez Buffy. Tous à la discussion, personne ne l’a entendu entrer. Il a saisit tout de suite la situation, ce qui vient rajouter à son trouble déjà présent. Pourtant, il serre sa femme contre lui, voulant lui communiquer tout le réconfort possible. Cordélia se sent fondre en larme à cette seconde, la tension accumulée s’envolant en la laissant pantelante et sans mots.

 

Spike : Il y a autre chose.

 

Toutes les têtes se tournent à nouveau vers le vampire silencieux il y a encore quelques secondes à peine. Il semble nerveux, sur le point de craquer à son tour. Il tripote encore son paquet de cigarettes, sans pourtant en allumer une, et fixe le plancher, semblant faire durer le silence avant sa révélation. Mais tous ceux dans la pièce sont également à cran.

 

Dawn : Quoi, encore?

 

Spike : J’ai entendu quelque chose, quand je me suis battu contre elle. C’était…très bizarre. J’ai entendu…j’ai cru entendre…

 

Chris : (sèchement) C’était quoi?

 

Spike : Un battement de cœur.

 

Nouveau silence. De très courte durée. C’en est trop pour Cordélia, qui éclate en sanglot violents, incapable de se retenir. Elle se laisse tomber dans un fauteuil et pleure un long moment, le plus silencieusement possible. La confusion est au total, personne ne sait comment réagir.

 

Anya : (déconcertée) C’est impossible. Les vampires sont morts.

 

Spike : Je sais que ça peut sembler idiot, mais j’ai bien entendu. Son cœur battait.

 

Buffy : Non…non, tu as rêvé, tu étais sous le choc, voyons. Un vampire ne peut pas avoir de cœur qui bat.

 

Giles : Sauf si…

 

Personne ne dit mot. Giles semble illuminé, soudainement, comme figé dans ses pensées. Il pense à une hypothèse, quelque chose qu’il a lu il y a très longtemps. Mais, comme il ne dit rien, cela fini par énerver Angel, qui soupire bruyamment.

 

Angel : Sauf si quoi?

 

Alex : Est-ce que la transformation pourrait ne pas être terminée? Vous savez, comme, pas achevée, son cœur ralentit mais n’est pas encore mort? (toutes les têtes se tournent vers lui) J’ai vu ça à la télé!

 

Giles : Non, le démon ne prend totalement possession d’un corps que lorsque le corps qu’il habite est mort. Excepté

 

Willow : Excepté?

 

Giles : Excepté si le démon est déjà là. Valery est venue me voir voilà un certain temps, pour me poser certaine questions qui m’ont intrigué. Vous vous souvenez tous qu’elle a été torturée, voilà quelques mois…

 

Dawn : Difficile à oublier…

 

Giles : Nous n’avions pas réussi à trouver la raison de cette torture, surtout qu’Angel avait prestement exécuté tous ses investigateurs. Mais, plus tard, quand elle s’est remise, Valery est venue me voir pour me poser certaine questions.

 

Buffy : Quelles questions, Giles?

 

Alex : Combien je parie que ça n’avait aucun rapport avec les maths ou la chimie?

 

Cordélia : Alex, la ferme.

 

Giles : Elle voulait savoir qui elle était. Ce qu’elle était, pour être plus précis. Le vampire qui l’avait capturé croyait pouvoir faire ressurgir sa moitié vampirique en la soumettant à des souffrances extrêmes, ce qui l’obligerai à se montrer, pour ça survie. Et ça a marché, à moitié.

 

Chris : Ça veut dire quoi?

 

Giles : Elle a pu puiser dans sa force vampirique, et cela l’a beaucoup troublé. Peut-être que quelqu’un a réussi à faire surgir le démon en elle en endormant la partie humaine. Ce qui ferait d’elle un vampire humain.

 

Tara : Mais Giles, cela serait épouvantable… Un vampire humain égalerait aux neuf vampires qu’Angel a exécuté réunis en un seul!

 

Giles : Oui, il est certain que les pouvoirs vampiriques cohabiteraient avec ceux de l’humain, mais je ne suis pas certain qu’ils seraient tous en fonction.

 

Cordélia : Peu importe, ce n’est qu’une hypothèse.

 

Willow : Non, c’est plus que ça. (tous les regards se tournent vers elle) Oui…heu, moi et Tara, on a essayé un sort pour la débarrasser de sa folie.

 

Angel : Quoi?

 

Willow : (ton très nerveux) C’était un tout petit sort de rien du tout, qui aurait pu beaucoup l’aider!

 

Tara : En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Le sort consistait à rendre une sorcière folle pour qu’elle puisse comprendre la source de celle de Valery pour l’aider à la combattre, l’amenant ainsi à retrouver la réalité.

 

Anya : Vous êtes folles, pour vouloir faire ça sans avertir personne.

 

Willow : Notre but était d’aider Valery, et, comme elle était seule dehors, on ne devait pas perdre de temps. Mais quand j’ai dû communiquer avec son esprit, quelque chose d’étrange s’est produit. J’ai ressenti quelque chose. J’ai réussi, mais on m’a chassé. Quelque chose m’a chassé de l’esprit de Valery.

 

Spike : Donc la vraie Valery est quelque part au fond du vampire.

 

Alex : Est-ce qu’ont serait capable de la faire reprendre le dessus?

 

Giles : Certainement, à condition d’avoir le bon protocole.

 

Oz : Ça règle le problème : on la ramène.

 

Giles : Oui, sauf qu’un corps humain vivant n’est pas fait pour accueillir un démon. La vraie Valery est probablement dans une demie-léthargie, et son cœur se fatigue. De plus, plus le temps avancera, plus il y aura de chance que le démon prennent du pouvoirs au dépend de l’être humain qu’il possède.

 

Angel : Tout cela n’est que théorie, Giles. Il se pourrait aussi que ce soit une simple illusion auditive de Spike et que Willow se soit trompé dans son sortilège.

 

Giles : (après une pause) Oui, je suppose.

 

Chris : Alors si Valery n’est qu’un vampire comme les autres, il faut la tuer au plus vite avant qu’elle n’ait terminé de lire le guide du tueur en série qui, je vous le rappelle (regard vers Angel est Spike) est très lu du côté vampirique, surtout dans votre famille.

 

Spike : Mais si Valery est toujours vivante, tu la tueras du même coup.

 

Tara : On devrait lui rendre son âme avant de faire quoi que ce soit, ce serait plus sûr.

 

Angel : Non! On ne redonne d’âme à personne. Je ne veux pas maudire ma fille.

 

Tara : Mais si elle a déjà son âme, peut-être que cela ne fera que la faire ressurgir. Giles?

 

Giles : C’est possible, Tara, mais je ne suis certain de rien. Je ne peux pas te répondre.

 

Buffy : Je suis d’accord avec Tara. Angel, tu ne sais pas ce que c’est que de tuer quelqu’un qu’on aime vraiment…

 

Angel : Si. J’ai tué toute ma famille.

 

Chris : Ouais, et Spike a tué la mienne. N’attendez pas que la dernière en date de la série en édition limitée des assassins vampiriques descendent la vôtre.

 

Cordélia : C’est vrai! Je ne sais rien des demi-vampires, mais si elle peut entrer chez moi sans autorisation pour me tuer dans mon sommeil, je préfère que ce soit elle que moi. Et c’est peut-être ce que Valery voudrait.

 

Spike : Mais si elle est toujours vivante?

 

Cordélia : Elle voulait mourir, de toute façon!

 

Willow : Ah, oui, Cordélia, ça, c’est une belle mentalité!

 

Spike : On devrait la capturer et trouver un moyen de la ramener.

 

Buffy : C’est ça! Allez vous faire tuer, si vous voulez!

 

Cordélia : On est d’accord sur ce point, ce serait suicidaire. Elle finira par tous vous exterminer, si vous poursuivez dans cette voie. Et si elle prend exemple sur Angel, elle décimera la moitié de la population de Sunnydale avant de s’en prendre à nous. Et à ce moment là, ne venez pas pleurnicher sur le fait que vous auriez dû la tuer quand vous en aviez l’intention.

 

Alex : C’est vrai. Rappelez-vous quand Angel est devenu vilain. Buffy a eu une douzaine d’occasion de s’en débarrasser, et même quand il avait une âme, je le trouvais dangereux. Ça a fini dans un bain de sang. Il faut tuer Valery. Ça ne me réjouît pas, mais on doit le faire.

 

Angel : Je suis d’accord.

 

Buffy : Angel, tu n’y penses pas! Comment peux-tu dire une chose pareille?

 

Angel : Oh, toi, tu n’as pas de leçon de morale à me faire! C’est toi qui voulait la boucler dans un asile dès qu’on l’aurait retrouvé!

 

Buffy : Je n’avais pas d’autres choix, Angel! Elle mettait mes enfants en danger!

 

Angel : (le ton monte) Tes enfants sont d’autant plus en danger si elle vient les égorger dans leur sommeil!

 

Buffy : (de plus en plus fort) Ce sera toujours mieux que d’attendre que tu le fasse à leur place! Car tu t’apprête à tuer ta fille, je te le rappelle. Quoi que tu as toujours eu un certain côté violent avec elle, non? Oui, si je me souviens bien, tu l’as déjà frappé!

 

Alex : (lui pose la main sur l’épaule) Buffy, tu vas trop loin…Calme-toi.

 

Giles : De toute façon, il est trop tard pour faire quoi que ce soit. Le soleil va se lever et nous sommes tous épuisés. Rentrez chez vous, reposez-vous bien, et rendez-vous ici demain pour établir une stratégie.

 

Doyle : Excellente idée. Et pensez bien à quel camps vous choisirez demain, tout le monde. Parce que j’ai comme l’impression que les opinions seront partagées.

 

Les regards se tournent vers Buffy et Angel, qui se fixent tous les deux, un air de défi dans les yeux. La pièce se vide lentement, et les voitures démarrent l’une après l’autre. Chris décide d’aller se promener en moto, histoire de s’aérer l’esprit. L’aube brille déjà à l’horizon alors que Spike atteint seul la porte du manoir. Après l’avoir déverrouillé, il y entre, et, incapable de trouver l’énergie – et la volonté – de monter à sa chambre, le vampire se dirige vers le salon. Arrivé au canapé, il s’y laisse tomber et ferme les yeux, tentant de trouver le sommeil. Mais bientôt, des images de sa tueuse blonde viennent le hanter. Et, alors qu’il sombre dans ses cauchemars, ses mains se mettent à trembler. Le chien, ses grands yeux tristes fixés sur son maître, se couche à ses pieds et pousse un profond soupir.

 

Pendant ce temps, non loin de là, Richard et Maude-Iris se promènent dans les égouts, à la recherche d’un endroit pour s’installer temporairement. La vampire, que l’endroit rebute, ne cesse de se plaindre, ce qui tape royalement sur les nerfs de son compagnon.

 

Maude-Iris : Et puis, au fait, tu pourrais m’expliquer pourquoi on ne change tout simplement pas de ville?

 

Richard : (explore un recoin avec sa lampe-torche) Parce que ce n’est pas le moment. Il y aurait trop de risques de se faire remarquer par des compagnons qui me doivent un ou deux coups au derrière. Ils n’hésiteraient pas à aller cafarder à la première occasion.

 

Maude-Iris : Mais nous sommes encore plus en danger ici! La tueuse n’hésitera pas non plus à venir nous planter un pieu dans le cœur.

 

Richard : Ça, c’est plus qu’incertain. La tueuse a déjà vécu ce genre d’expérience, elle tentera de trouver une solution moins radicale que de tuer Valery. En plus, à part Spike, personne ne sait que c’est nous qui l’avons transformé. Personne ne viendra nous chercher.

 

Maude-Iris : Justement, Spike est au courant. Il fera tout pour venger son ex.

 

Richard : (énervé) Maude-Iris, si Spike a deux sous de bon sens, il se sera rendu compte que le cœur de Valery bat toujours. Et il saura que, en étant les seuls à savoir faire le sort, nous serons les seuls à pouvoir le défaire. Souviens-toi que nous sommes les seuls détenteurs du livre.

 

Maude-Iris : Je continue à dire que nous sommes en danger. Les sorcières nous retrouverons d’un coup de baguette magique et on ira brûler en enfer.

 

Richard : Maude-Iris, chérie, l’important, pour l’instant, c’est de mettre les filles à l’abri, jusqu’à ce que les choses se calment.

 

Maude-Iris : Les filles en général…et Valery en particulier. Je trouve que tu lui donnes beaucoup trop d’importance. Au début, tu ne devais que jouer avec elle, maintenant, tu la traites comme un membre de la famille. Tu m’inquiètes, Richard.

 

Richard : Si tu pouvais mettre ta jalousie maladive de côté une petite seconde, tu verrais que Valery pourra très bien servir nos intérêts. Elle connaît les faiblesses de Buffy et de sa bande et elle pourra nous aider à les affronter. Elle nous offre une foule de possibilités. On doit rester ici. (s’arrête) Je crois qu’il y a une grange abandonnée pas loin d’ici. Tu viens?

 

Maude-Iris : Est-ce que j’ai le choix?

 

Maison de Buffy et Angel. Ils sont tous les deux dans la cuisine, en train de faire la vaisselle, en silence. La journée a été particulièrement tendue pour tous les deux, leur opinion divergeant sur la situation. Une idée leur obscurcit l’esprit : ils ont raison et l’autre a tort.

 

Angel : Ils vont arriver bientôt.

 

Buffy : Je sais.

 

Angel : (soupire) Buffy…

 

Buffy : (range une assiette) Non, Angel, pas maintenant.

 

Angel : Buffy, il faudra bien parler.

 

Buffy : (s’arrête) Angel, est-ce que tu m’aimes?

 

Angel : (étonné) Mais qu’est-ce que…

 

Buffy : Est-ce que tu m’aimes?

 

Angel : Bien sûr que je t’aime, Buffy.

 

Buffy : Alors tu devras accepter que je ne t’approuve pas ce soir. Car je n’ai pas l’intention de tuer Valery.

 

Angel : Et je n’ai pas l’intention de lui rendre son âme.

 

Buffy : Bien.

 

Angel : Bien.

 

Angel sort de la pièce. Buffy reste seule devant l’évier, à ranger le reste de la vaisselle. Elle est découragée par l’attitude de son mari. Comment peut-il ne pas réaliser ce qu’il s’apprête à faire? Thierry accourt soudain, la distrayant un peu.

 

Thierry : Maman, maman, regarde! (il lui montre une feuille de papier) J’ai fait un dessin. Regarde.

 

Buffy : (s’agenouille près de lui) Montre moi ça.

 

Thierry : Regarde, ça c’est moi. Là, c’est toi et papa. Ça, c’est Brooke, elle, c’est Isabelle et elle, c’est Valery. Et ici, c’est la maison.

 

Buffy : (triste) C’est très joli.

 

Thierry : Maman, tu vas bien? Je suis grand, maintenant, j’ai neuf ans, je peux comprendre.

 

Buffy : (sourit) Non, ça va, mon grand.

 

Brooke arrive en courant à ce moment, suivie de près par Isabelle. Elle tient également une feuille, comme son frère, sur laquelle elle a laissé allé sa créativité.

 

Brooke : Maman, moi auzi zé fait un dezin pou toi.

 

La jeune maman reçoit sa fille dans ses bras, souriant intérieurement devant l’enthousiasme de sa petite dernière, et s’exclame à coup de oh! et de ah! devant ses prestations artistiques. Un peu en retrait, Isabelle hésite, puis s’approche, un peu craintive. Elle s’approche très près de Buffy, tendant également un dessin.

 

Isabelle : (chuchote dans l’oreille de Buffy) Maman, moi aussi j’ai un dessin…

 

Le nuit tombe, lentement. Dans une grange abandonnée, pas très éloignée, Richard fait pénétrer sa petite famille, qui traînent leurs effets personnels. Armé d’une bougie, le vampire les guide à travers le noir. Prostrée, Maude-Iris reste près de la porte et jette un regard noir à Valery qui explore lentement l’endroit encombré de toiles d’araignées et de toiles d’araignées et de paille pourries.

 

Richard : C’est un peu rudimentaire.

 

Valery : (hausse les épaules) Ça ira pour le moment.

 

Harmony : Dommage qu’il y ait pas l’électricité, je pourrai pas brancher ma stéréo.

 

Richard : (un peu sec) Très peu de vampire ont l’électricité, Harmony.

 

Maude-Iris : (énervée) Je monte.

 

Valery : (pointe l’étage du pouce) Qu’est-ce qu’il y a, en haut?

 

Richard : Notre chambre, à Maude-Iris et à moi. Enfin, ce le sera dès qu’on aura emmené le lit. Vous et Harmony, vous vous arrangerez comme vous voulez en bas.

 

Valery : (lance un regard à l’étage) Ouais…

 

Richard : Bon, je crois que je vais aller chasser. Harmony, tu viens? Je me sens d’humeur généreuse ce soir.

 

Harmony : Ouais, si tu me laisse choisir une victime.

 

Richard : Bien sûr. Tu viens, princesse?

 

Valery : (un peu absente) Non. (regarde Richard) J’irai plus tard.

 

Richard : Ok. On va passer chercher le reste des meubles, aussi. (fort, pour que Maude-Iris entende) Soyez sages, toutes les deux.

 

Valery : (alors qu’il s’en va) On le sera…

 

Vu de l’étage. Maude-Iris est en train de placer une table de chevet. Après mûre réflexion, elle la déplace d’un demi-centimètre et se recule pour admirer l’effet. Derrière elle, l’échelle grince alors que Valery en escalade les nombreux barreau. Cette dernière arrive enfin à l’étage alors que l’autre vampire se retourne lentement.

 

Valery : (monte sur la plate-forme) Ah, oui, très jolie.

 

Maude-Iris : (froidement) Descend. Maintenant. Ici, c’est ma chambre.

 

Valery : (rit) Du calme, bichette. Je n’en veux pas, c’est trop…ringard.

 

Maude-Iris : Comment oses-tu, sale petite…

 

Valery : (la coupe) Épargne-moi tes insultes à deux balles, tu veux?

 

Maude-Iris : Tu vas m’écouter, espèce de petite idiote. (Valery prend un air très peu attentif) Tu n’es qu’une nouvelle dans notre famille, et tu es mieux de te tenir à carreau, sinon…

 

Valery : Sinon quoi? Tu iras trouver ton gentil Richard? (rit) Réfléchis un peu.

 

Maude-Iris : (croise les bras) Qu’est-ce que tu veux dire?

 

Valery : (sourit) Oh, Maude-Iris, tu es bête, mais sûrement pas aveugle.

 

Maude-Iris : Richard est amoureux de moi.

 

Valery : Il est attiré par toi. Mais il est obsédé par moi. Comme tout vampire, il est fasciné par les tueuses, c’est pour ça qu’il m’a transformé et qu’il m’a gardé. (s’approche dangereusement, baisse le ton) Tu croyais vraiment que c’était pour te plaire qu’il m’avait coursé tout ce temps, que c’est vraiment pour toi qu’il m’a sauvé de Damien? (rit cruellement).

 

Maude-Iris : Sans moi, il n’aurait jamais osé te transformer.

 

Valery : Prétexte. Il me veut depuis qu’il m’a vu. Et plus je suis près de lui, plus il me veut. (elle avance vers Maude-Iris, qui recule) C’est pour ça qu’il n’a pas changé de ville, qu’il m’a sauvé de Spike au risque de se faire prendre par lui. (avance toujours) Il se met en danger, pour moi.

 

Maude-Iris : Il le fait pour moi.

 

Valery : Oh non. Il n’a jamais pris un risque pour sauver ta carcasse de pouf mal habillée. Tu l’agaces, tu l’énerves. Je parie que bientôt c’est moi qui partagerai sa chambre…et son lit!

 

Valery a emmené Maude-Iris au bord de la plate-forme. Elle s’approche d’elle, la bouche très près de son oreille, souriant toujours. Elle aime voir que la vampire souffre, ça lui procure une grande satisfaction.

 

Valery : (souffle) Et quand je serai étendu à ta place sur son lit pendant que tu seras en chasses, je lui dirai que tu as tenté de me tuer. On verra qui de toi ou de moi il croira. Il lui faut des prétextes…je lui en donnerai un pour te tuer.

 

Puis, d’un mouvement, Valery pousse Maude-Iris en bas de la plate-forme. Cette dernière fait une chute spectaculaire d’une dizaine de mètres avant de se rompre les os sur le plancher de bois. Rapide, l’ancienne tueuse glisse sur l’échelle et va la retrouver, puis pose un genoux près d’elle, avant de lui rire aux visage.

 

Valery : Dis à ce cher Richard que je suis partie chasser…

 

Elle se lève et se dirige vers l’énorme double porte qui la sépare de la nuit fraîche. Ses pas résonnent sur le plancher de bois, frappant les tympans de Maude-Iris, toujours étendue au sol. À la dernière seconde, l’ancienne tueuse se retourne et salut la vampire.

 

Valery : Et au fait, Maude-Iris…tu me manques déjà.

 

Et elle sort, sans plus de considération, s’éloignant dans la fraîcheur de la pénombre. Une nuit sans lune….Derrière elle, Maude-Iris se relève, tenant de la main ses côtes cassées. Péniblement, elle se remet sur ses pieds, fixant de son regard noir les portes battant au monde.

 

Maude-Iris : (enragée) Tu me le paieras, maudite chienne.

 

Maison de Buffy et Angel. Spike est assis sur le perron, il fume tranquillement une cigarette, plongé dans ses pensées. Ce soir, il va se passer quelque chose…et il ne sait pas quoi. Ça peut facilement finir en bain de sang. Et peut importe qui y reste, il y perd quelque chose. Tout était tellement plus facile avant…

 

Dawn : Hey, Capitaine Peroxyde, qu’est-ce que tu fais là?

 

Spike : (lève la tête pour voir Dawn) J’attend que les hostilités se déclenchent.

 

Dawn : (s’assoit à côté de lui) Ouais, c’est pas très joyeux à l’intérieur. (pointe la cigarette) Tu m’en donnes?

 

Spike : (hausse un sourcil) Depuis quand tu fumes, microbe?

 

Dawn : Depuis aujourd’hui.

 

Spike : (lui passe la cigarette) Et le cancer du poumon et tout ça?

 

Dawn : (prend une bouffée, recrache la fumée) On va tous mourir un jour. (lui rend ça cigarette)

 

Spike : C’est vrai. (la regarde un long moment) Tu as changé, microbe. Je ne sais pas en quoi. Mais tu as changé. (sourit) Y’a peut-être un peu de ce toubib là-dedans?

 

Dawn : (rit) Ouais, possible.

 

Spike : Je n’aurais jamais cru que cet imbécile avec ses longues mèches brunes et son visage de gamin saurais te mériter. Dis-moi…tu l’aimes?

 

Dawn : Tu ne te gêne pas.

 

Spike : Est-ce que je me suis déjà gêné?

 

Dawn : Hum…non.

 

Spike : Alors? Est-ce que tu aimes ce gars, ce Lucas?

 

Dawn : (doucement) Je n’en sais rien, Spike. Ce que je sais, c’est que je n’ai jamais ressentit quelque chose de pareil pour quelqu’un. À chaque fois qu’il me quitte, j’ai l’impression qu’il s’en va avec une partie de moi. Comme si mon cœur cessait de battre quand il n’est pas près de moi. Je n’existe plus, je ne suis plus bonne à rien. Je ne pense qu’à lui, tout le temps. Il me possède complètement.

 

Spike : Cœur, corps et âme. J’ai connu ça. Tu rêves de cette personne le jour, la nuit. Tu la hais tellement tu l’aime, parce que tu sais que tu ne peux pas vivre sans elle. Tu sais que sans elle, tu ne vaux plus rien, alors tu la détestes d’amour. Mais tu sais que dès qu’elle sera devant toi, cette personne sera tout ce qui existera. Et tu te noieras dans son regard comme jamais. Par l’enfer, j’ai haï comme j’ai aimé, sur cette maudite terre.

 

Dawn : Et qu’est devenu ce grand amour?

 

Spike : (se lève, jette sa cigarette) Il va probablement se faire tuer ce soir.

 

Dawn : (se lève, confuse) Je suis désolée…

 

Spike : Ça va. On rentre.

 

À l’intérieur, tout le monde est déjà installé. Le silence est pesant, autant que la tension. Les couples se sont installés séparément, les amis ne se regardent pas dans les yeux. Lentement, Buffy se lève et s’avance au centre de la pièce. Tous lèvent lentement le regard sur elle.

 

Buffy : Je ne suis pas là pour discuter des heures, pour débattre sur ce que nous devons faire. Je suis là pour agir. Il est temps de choisir son camps.

 

Angel : (se lève) Je suis d’accord. J’ai pris ma décision.

 

Buffy : Moi aussi. Je veux lui rendre son âme.

 

Tara : (se lève et va rejoindre Buffy) Je suis d’accord avec toi. Valery est un guide, comme ma fille. Je la considère un peu comme telle.

 

Willow baisse les yeux à cette déclaration. Comme si elle ne la considérait pas elle aussi comme une fille…Les deux sorcières ont argumenté toute la nuit, tentant de prouver à l’autre qu’elles avaient raison. Mais, finalement, elle doivent se séparer.

 

Angel : Vous vous préparez à lui faire beaucoup de mal.

 

Buffy : Nous nous préparons à la ramener avec nous.

 

Angel : (en colère) Égoïste.

 

Buffy : (mordante) Assassin.

 

Giles : Ça suffit, tous les deux! Arrêtez, avant d’en venir aux poings!

 

Angel : Ne craignez rien, Giles, je sais me contrôler. (serre et desserre les poings) Je sais me contrôler…(soupire) De mon côté, ce soir, je vais essayer de mettre fin au calvaire de ma fille.

 

Chris : Ça me va.

 

Cordélia : Je te suis. Je ne veux pas qu’elle vienne m’égorger sans que je puisse me défendre.

 

Alex : Moi aussi. Je ne peux pas la laisser courir les rues et manger des innocents. Désolé, Buffy.

 

Préoccupée, Buffy excuse Alex d’un geste de la main. Comment a-t-elle pu traiter Angel d’assassin? Comment a-t-il pu la traiter d’égoïste? Elle s’est déjà sacrifié pour le monde, après tout…Comment tous les deux ont-ils pu laisser dégénérer la situation à ce point?

 

Anya : Moi, je suis Alex.

 

Willow : Bravo pour l’indépendantisme.

 

Anya : Je t’ai entendu! Et c’est pour mon cou, pas pour le sien que je fais cela. Même si il a un très joli cou.

 

Alex : Anya…

 

Anya : Ça va! Et toi, Willow, qu’est-ce que tu feras?

 

Willow : Je crois que Valery est toujours vivante. Je veux la capturer et essayer de la ramener.

 

Spike : Là, tu parles, la rouquine. Dawn, tu viens avec nous?

 

Dawn : (un peu triste) Je…Spike, je crois que je préférerais lui rendre son âme. Je…je crois…

 

Spike : (rassurant) Ça va, microbe. J’ai compris.

 

Buffy : Oz, quel est ton choix?

 

Oz : Je dois dire tout d’abord que j’ai réfléchi toute la nuit. Je tiens beaucoup à Valery, et je serais incapable de la tuer. Et si elle est à demi-humaine, nous ne pourrons pas lui rendre son âme. (soupire) Je suis vraiment désolé, mais…

 

Buffy : Je comprend. Qui d’autre? Doyle?

 

Doyle : Écoutez, je crains pour mon propre cou. Ce genre de vampire n’apprécient pas les envoyé des Pouvoirs qui Sont. Et je tiens à mes veines. Ça parait bizarre, mais je me sentirai plus en sécurité si elle est en poussière.

 

Buffy : D’accord. Qui reste-t-il? Giles?

 

Giles : Les battements de cœur de Valery m’intriguent beaucoup, et…

 

Buffy : (le coupe) Dans l’équipe de Spike. Ok, voici le plan de la situation. Mary s’occupe de tous les enfants en haut. Tara, Dawn et moi, nous jetterons le sort d’ici, pour protéger la maison en cas de besoin. Chris, Doyle, Alex, Cordélia et Anya,  vous serez dans l’équipe d’Angel. Si vous avez un problème, appelez-nous. Même chose pour Spike, Willow, Oz et Giles.

 

Spike : On voit tout de suite qui aimait vraiment Valery et qui s’en débarrasse d’un coup de pieu…(regard vers Chris)

 

Chris : (méchamment) Tu me cherches, le vampire?

 

Giles : (énervé) Calmez-vous!

 

Buffy : On se sépare. Faites attention.

 

Tout le monde s’éloigne. Reste Angel et Buffy dans la pièce, qui se regardent l’un l’autre. Angel regarde sa femme qui laisse ses yeux obstinément baissés.

 

Angel : Je t’aime, Buffy.

 

Buffy : Je t’aime aussi.

 

Puis, il s’éloigne tout simplement. Tara revint dans la pièce avec tout le matériel pour rendre une âme. Dawn, elle, est sur le perron, regarde partir l’équipe de Spike. En bas, dans la cave, celle d’Angel est en train de s’armer jusqu’au dents.

 

Les dés sont jetés.

 

À suivre…